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International

Espagne : le gouvernement lance le processus d'exhumation de Franco

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Par , France Bleu

Le gouvernement a approuvé ce vendredi un décret autorisant le transfert de la dépouille de l’ancien dictateur Franco. L’opération pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année. Une décision qui divise dans le pays.

El Valle de los Caídos, où l'ancien dictateur Franco a été inhumé après sa mort en 1975.
El Valle de los Caídos, où l'ancien dictateur Franco a été inhumé après sa mort en 1975. © Maxppp - Juan Carlos Hidalgo

Le chef du gouvernement Pedro Sanchez en avait fait l'une de ses priorités dès son arrivée au pouvoir le 1er juin : ce vendredi, le gouvernement socialiste espagnol a approuvé le décret permettant l'exhumation de l'ancien dictateur Franco de son mausolée

Le général, vainqueur de la guerre civile espagnole (1936-1939) qui dirigea le pays d'une main de fer jusqu'à sa mort en 1975, est enterré au Valle de los Caidos (la vallée de ceux qui sont tombés) à 50 kilomètres de Madrid, la capitale. 

Ce mausolée monumental situé dans les montagnes, et surplombé par une croix de 150 mètres de haut, abrite aussi les corps d'environ 27.000 combattants franquistes et 10.000 opposants républicains. Des républicains dont les restes, extraits de fosses communes et de cimetières, ont été transférés sans que leurs familles soient prévenues. Les détracteurs du mausolée font aussi valoir que 20.000 prisonniers politiques ont participé à sa construction entre 1940 et 1959. 

Rendre leur dignité aux victimes du franquisme

L'actuelle majorité au pouvoir veut reconvertir le site en lieu de réconciliation nationale. Mais l'initiative, qui doit encore être validée par la Chambre des députés, suscite la controverse dans le pays. Le Parti populaire (PP, droite), premier parti au Parlement, a annoncé qu'il déposerait un recours devant la Cour constitutionnelle. "Il importe plus (à Pedro Sanchez) de ressusciter les fantômes du passé que de tenter de séduire les gens avec l'avenir. Il s'intéresse plus à rouvrir les blessures déjà cicatrisées de notre pire passé plutôt que de se concentrer sur notre meilleur présent" a notamment dénoncé le numéro un du PP, Pablo Casado.

Le chef du gouvernement a répondu aux critiques sur son compte Twitter. "Un pays qui regarde l'avenir doit être en paix avec son passé" a-t-il souligné, "nous allons exhumer les restes de Franco avec toutes les garanties et en écoutant les autres groupes parlementaires. Le gouvernement agit avec sérénité pour rendre leur dignité aux victimes du franquisme et à la démocratie."

Minoritaires au Parlement, les socialistes peuvent toutefois compter sur l'appui de la gauche radicale de Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques pour obtenir la majorité simple nécessaire. 

Les Espagnols divisés

Selon un sondage publié ce vendredi par le quotidien espagnol El Mundo, 40,9% des Espagnols sont favorables à cette exhumation et 38,5% y sont opposés. C'est aussi le cas de la famille de Franco. En cas d'absence d'accord avec ses descendants, le gouvernement choisira le lieu où l'enterrer, a prévenu Carmen Calvo, numéro deux du gouvernement.

Si le Parlement se prononce pour, l'exhumation pourrait avoir lieu "à la fin de l'année".