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Etats-Unis : Donald Trump risque-t-il vraiment d'être destitué, à une semaine de la fin de son mandat ?

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Par , France Bleu

Les députés américains ont voté ce mercredi soir en faveur d'un impeachment à l'encontre de Donald Trump. Les sénateurs doivent maintenant se prononcer sur la mise en accusation du Président sortant. Mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant la prise de pouvoir de Joe Biden.

Donald Trump peut-il être destitué ?
Donald Trump peut-il être destitué ? © AFP - MANDEL NGAN

Une semaine avant la fin de son mandat, Donald Trump est devenu mercredi le premier président des Etats-Unis à être mis en accusation pour la deuxième fois au Congrès. La Chambre des représentants, dominée par les démocrates, s'est prononcée en faveur de cet "impeachment" historique par 232 voix contre 197. Le milliardaire républicain de 74 ans est accusé d’avoir incité à la violence lors de l’assaut de ses partisans contre le Capitole le 6 janvier, qui a fait cinq morts. 

"Il doit partir, il est un danger évident et immédiat contre la nation que nous aimons tous", avait déclaré peu avant le vote Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre, l'accusant d'avoir "incité à cette insurrection, cette rébellion armée". Ce vote ouvre la voie à un procès en destitution au Sénat.

Comment fonctionne une procédure d'impeachment aux Etats-Unis ?
Comment fonctionne une procédure d'impeachment aux Etats-Unis ? © Visactu -

Les Républicains divisés

Même si le président conserve de nombreux soutiens, son parti est clairement divisé. Contrairement à l'acte d'impeachment dans l'affaire ukrainienne il y a plus d'un an, adopté par les seuls démocrates, dix députés républicains ont voté cette fois-ci en faveur du renvoi en procès. Parmi eux, Dan Newhouse a martelé qu'il n'y avait "pas d'excuse pour les actes du président Trump"

"Le président porte une responsabilité dans l'attaque" contre le Congrès "par des émeutiers", qu'il "aurait dû dénoncer immédiatement", a reconnu le chef de file des députés républicains Kevin McCarthy, demandant une "commission d'enquête" et le vote d'une "motion de censure".  Il a toutefois estimé qu'une mise en accusation si près de la fin de son mandat serait "une erreur".

Mitch McConnell, sénateur Républicain du Kentucky, a fait savoir qu'il n'excluait pas de voter sa condamnation. "Je n'ai pas pris ma décision définitive sur mon vote, j'ai l'intention d'écouter les arguments juridiques quand ils seront présentés au Sénat", a-t-il écrit à ses collègues républicains dans une note rendue publique. Cet habile stratège, très influent, pourrait, s'il donne un signal en faveur de la condamnation, aider le parti républicain à tourner définitivement la page Trump.

Les démocrates prendront le 20 janvier le contrôle de la chambre haute mais auront besoin du ralliement de nombreux républicains pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire à la condamnation. Une condamnation au Sénat semble donc difficile, mais pas impossible.

Un procès après l’investiture de Joe Biden

Toutefois, ce procès devrait se tenir après l’investiture de Joe Biden, le 20 janvier. "Il n'y a simplement aucune chance de pouvoir conclure son procès de manière sérieuse et équitable avant la prestation de serment du président élu", a justifié le chef de file des républicains à la chambre haute, Mitch McConnell. Il est donc hautement improbable que Donald Trump soit destitué avant la fin de son mandat, mais les sénateurs pourraient tout de même voter en faveur de l'impeachment, pour souligner la gravité des faits.

Une procédure à double tranchant pour Joe Biden

Pour les démocrates, le risque est que cette procédure accapare toute l'attention et entrave l'action législative du début de mandat, en monopolisant les séances. "J'espère que le Sénat trouvera une façon de gérer leurs responsabilités constitutionnelles concernant le procès en destitution, tout en conduisant les affaires urgentes de la nation", a demandé Joe Biden, citant entre autres la confirmation des membres de son cabinet, la relance de l'économie américaine, et la poursuite du plan de distribution de vaccins contre le Covid-19.

Donald Trump appelle au calme

Quelques heures avant le vote, Donald Trump avait lancé un nouvel appel au calme tardif. "PAS de violence, PAS de délits, PAS de vandalisme", a-t-il exhorté dans un communiqué, alors que de nouvelles manifestations sont annoncées pour le week-end.

Il n’a pas réagi directement à la mise en accusation. Mais il a publié une vidéo sur le compte de la Maison Blanche, en appelant à nouveau ses partisans au calme. Et s'il ne reconnaît toujours pas la moindre responsabilité dans les violences de la semaine dernière, il a assuré que leurs auteurs ne pouvaient pas être ses "véritables partisans".

Une atmosphère surréaliste à Washington DC

La capitale fédérale, placée sous très haute sécurité, est méconnaissable. La ville de Washington, sous haute tension, est en effet totalement bouclée. Des centaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du Congrès, dormant encore à même le sol alors que les élus affluaient. 

Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d'immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison Blanche. La Garde nationale est omniprésente, et le Pentagone a autorisé le déploiement de 20.000 soldats pour la cérémonie d'investiture prévue le 20 janvier sur les marches du Capitole, siège du Congrès.

Des membres de la Garde nationale dans le Capitole.
Des membres de la Garde nationale dans le Capitole. © AFP - SAUL LOEB
Des membres de la Garde nationale dans le Congrès.
Des membres de la Garde nationale dans le Congrès. © AFP - SAUL LOEB
Des barrières en métal ont été installées autour du Capitole.
Des barrières en métal ont été installées autour du Capitole. © AFP - ARTUR GABDRAHMANOV
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