Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Explosion à Beyrouth : RCFM et Kantara témoignent

-
Par , France Bleu RCFM

2 jours après l'explosion qui a dévasté la capitale libanaise, Kantara donne la parole à l'une de ses collaboratrices. Nanette Ziadeh est journaliste installée à Beyrouth et travaille à Radio Liban 96.2, la branche francophone de la radio publique libanaise. Victime de l'explosion, elle témoigne.

Beyrouth martyrisée
Beyrouth martyrisée © Getty - .

"C’est quasiment apocalyptique"

On dirait Hiroshima. C’est vrai que les immeubles ne sont pas à plat mais tous les appartements de tous les immeubles ont été soufflés. Il y a beaucoup de gens disparus et on peut supposer que le bilan des pertes va s'accroître au fil de la journée. 

"J’ai jamais vu ça"

J’ai vécu 20 ans de guerre, mais jamais une telle explosion. Et pourtant j’en ai vu. Pendant la guerre, un obus était tombé sur mon immeuble, mais jamais comme ça. J’ai été soufflée de là où j’étais. Je traumatisée et je ne pense pas être la seule. 

RCFM: Est-ce qu’on a une explication sur la présence de ce produit explosif stocké en telle quantité sur le port de Beyrouth ?

Ça commence tout juste. Les responsables commencent à se rejeter la responsabilité sur le fait qu’ils avaient alerté depuis longtemps sur la présence de ce produit très dangereux à proximité d’habitations. Tout et n’importe quoi circule sur les réseaux sociaux, ça va être difficile. Il va falloir attendre une enquête.

Beyrouth ville sinistrée

L’état d’urgence a été décrété, le président de la république a déclaré Beyrouth ville sinistrée. Maintenant j’imagine qu’il va y avoir une aide internationale, j’imagine que les pays amis du Liban vont se mobiliser,  mais je pense que Liban a besoin de bien plus que ça à l’heure actuelle. Le Liban a besoin d’une pression politique pour que le problème soit résolu.

Le sort s'acharne sur un pays déjà accablé
Le sort s'acharne sur un pays déjà accablé © Getty - .

RCFM: C’est une catastrophe qui intervient alors que le Liban est confronté à une crise politique, économique et sociale depuis des années ?

Oui, à laquelle se rajoute depuis maintenant 2 semaines une recrudescence des cas de coronavirus. On avait déjà peur d’un engorgement des hôpitaux, ils ont immédiatement été débordés mardi avec ce qui s’est passé. 

Les hôpitaux débordés

Aujourd’hui le Qatar qui envoie 2 hôpitaux mobiles, ça va soulager un peu nos hôpitaux mais c’est la catastrophe. Je ne sais pas du tout comment ce peuple qui était déjà affamé avant cette explosion va se  relever, on ne sait pas grand-chose pour l’instant. C’est un pauvre peuple qui a vécu assez de malheurs et il faudrait que ça s’arrête.

RCFM: Est-ce que vous pensez que le Liban pourrait profiter tel d’un épisode pour repartir, si possible sur d’autres bases ? 

Écoutez, je l’espère de tout cœur. D’expérience, on sait que lorsque il y a un très gros malheur au Liban, il y a des choses positives qui arrivent après, mais le Liban fait face à une série de problèmes. Ils n’ont rien à voir les uns avec les autres : la crise économique, sociale, politique, le coronavirus et à présent l’explosion, néanmoins tout est lié une volonté politique. Ça fait beaucoup pour que l’on rebondisse, mais nous sommes nombreux à croire que l’on peut rebondir sur quelque chose. 

Une ville dévastée
Une ville dévastée © Getty - .

RCFM: Avec également la mobilisation de la communauté internationale peut-être, sans pour autant parler d’ingérence ? 

Oui, ça va venir, on entend déjà des réactions. Mais n’oublions pas que l’aide internationale est conditionnée au contexte politique. Aucune aide n’arrivait au Liban parce qu’on lui demandait de se réformer, ce qu’il n’a jamais fait. Nous sommes pris en otage dans notre propre pays par une faction politique qui ne veut pas lâcher. 

Réécoutez l'intégralité de l'interview de Nanette Ziadeh diffusée ce jeudi sur RCFM

Choix de la station

À venir dansDanssecondess