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Explosions à Beyrouth : témoignages et importante vague de solidarité en France

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Par , France Bleu

Après les deux puissantes explosions qui ont ravagé Beyrouth, la capitale du Liban ce mardi, les témoignages de ressortissants français présents sur place se multiplient. Tout comme les élans de solidarité, les rassemblements ou encore les collectes en France. France Bleu fait un tour d'horizon.

Les réactions et les élans de solidarité ont été très importants en France après les explosions qui ont dévasté une partie de Beyrouth.
Les réactions et les élans de solidarité ont été très importants en France après les explosions qui ont dévasté une partie de Beyrouth. © AFP - Thibault Camus / POOL / AFP

Après les deux puissantes explosions qui ont ravagé Beyrouth, la capitale du Liban ce mardi, les témoignages de ressortissants français présents sur place se multiplient. Les élans de solidarité en France aussi, avec des rassemblements organisés ou encore des collectes mises en place. 

En Corse 

"J’ai vécu 20 ans de guerre, mais jamais une telle explosion", raconte Nanette Ziadeh, journaliste installée à Beyrouth et travaillant à Radio Liban 96.2, la branche francophone de la radio publique libanaise, sur France Bleu RCFM. "Pendant la guerre, un obus était tombé sur mon immeuble, mais jamais comme ça. J’ai été soufflée de là où j’étais. Je suis traumatisée et je ne pense pas être la seule."

Réécoutez l'intégralité de l'interview de Nanette Ziadeh diffusée ce jeudi sur RCFM

Rassemblement à Montpellier

À Montpellier, 150 personnes sont venues montrer leur soutien au peuple libanais place de la Comédie ce mercredi après-midi. Elles ont observé une minute de silence en hommage aux victimes. 

Ces Montpelliérains sont venus à l'appel de l'Amicale du Liban auquel s'est joint le maire, Michaël Delafosse.

Je veux aller là-bas, je veux les aider, affirme Rebecca Chahine, étudiante à Grenoble

En Île-de-France 

De nombreuses communautés libanaises en France sont encore choquées par les images des explosions. Certains veulent se rendre sur place pour aider. 

Elise, une Libanaise de 40 ans veut quitter Le Thillay, près de Roissy, est prête : "Nettoyer, je m'en fous, je suis cadre peut-être, mais pour le Liban je suis prête à balayer, à aider à la construction, à distribuer des repas", explique la mère de famille, déterminée. 

Barbara, la femme d'un Libanais qui vit dans le 16e arrondissement de Paris, lance de son côté une collecte "à taille humaine". "Tous ceux qui veulent donner des produits de premières nécessités m'appellent et passent à la maison me déposer ce qu'ils souhaitent", explique-t-elle sur France Bleu Paris. Si vous voulez participer à cette récolte, vous pouvez appeler pour donner des petits volumes Barbara Monreal au 06 65 87 43 14 et Odette Chesnot au 06 19 11 49 75.

En Isère

Elle aussi souhaite s'investir et prêter main-forte sur place. Rebecca Chahine, étudiante à l'Université Grenoble-Alpes, est encore marquée par cette catastrophe, aux bords des larmes quand elle témoigne au micro de France Bleu Isère. "Je veux aller là-bas, je veux les aider", dit-elle. "Même si je sais que je suis en train de faire quelque chose". Elle a délaissé sa thèse en nanotechnologies, pour lancer une cagnotte avec son amie, Léa Kreidy, étudiante en droit. Leur objectif est de parvenir à collecter 10 000 euros en dix jours.

Une autre cagnotte a été lancée par les deux cent membres de l'Amicale France Isère Liban. L'association est présidée par Walid Rachidi, professeur à la faculté de pharmacie de Grenoble. Elle sera destinée à la Croix Rouge Libanaise.

Témoignage d'un expatrié savoyard

Lors de ces deux explosions, de nombreux immeubles ont été détruits. Parmi les bâtiments touchés, l'hôtel de Franck Page, un savoyard de 51 ans originaire de Saint-Genix-sur-Guiers, en Savoie. Chef cuisinier, il est l'un des responsables d'un hôtel cinq étoiles, à six kilomètres du port. 

"J'ai vécu cette expérience comme un vieux souvenir de 2005 quand ils ont tué le Premier ministre Rafiq Hariri. On entend une détonation puis on voit un souffle qui arrive et tout s'effondre autour de nous", raconte-t-il sur France Bleu Pays de Savoie. Le restaurateur décrit les dégâts dans son établissement : "Les baie vitrées et les montants de fenêtres ont été projetés, des grosses portes coupe-feu arrachées et tordues", détaille Franck Page, qui a commencé le nettoyage.

À Nîmes

"Le Liban de mon enfance n'existe plus", déplorent des membres de la communauté libanaise de Nîmes, dans le Gard. "Au début, j'étais sous le choc, puis les nerfs ont lâché. J'ai passé la nuit à pleurer. C'est un cauchemar", raconte Rachel Quibet, propriétaire du restaurant Le Mont Liban, en face des arènes. 

Elle est née à Aley, à 15 kilomètres de Beyrouth. Avec son mari, elle s'est installée à Nîmes il y a 30 ans mais une grande partie de la famille du couple habite encore là-bas. "Vers 1h du matin, le frère de mon mari a appelé pour nous rassurer, nous dire qu'ils allaient bien. Mais les maisons sont détruites, raconte Rachel. Tout le monde pleurait."

En repensant aux images des explosions, Bernard Hijazi, un cardiologue nîmois arrivé en France en 1975 à l'âge de 17 ans et en provenance de Tripoli, est dévasté. "On dirait une tête nucléaire qui a explosé", dit-il. "Ces images font penser à Tchenobyl, AZF à Toulouse... C'est effroyable."

Les baie vitrées et les montants de fenêtres ont été projetés, des grosses portes coupe-feu arrachées et tordues, Franck Page restaurateur savoyard expatrié à Beyrouth

À Metz

La ville de Metz, en Moselle, s'organise et annonce qu'elle "apportera tout son soutien qui pourrait se révéler nécessaire" via son maire François Grosdidier dans un communiqué publié ce mercredi.

"J'ai pris contact avec l'ambassadeur du Liban à Paris, et on attend pour avoir une action précise et ciblée", ajoute le Dr. Khalifé Khalifé, premier adjoint à la ville et qui a grandi à Beyrouth.

À Belfort

La solidarité passe aussi par des repas dont une partie de ses recettes iront aux victimes de l'explosion de Beyrouth. C'est l'idée d'Hassan Jaber, qui tient un restaurant libanais à Belfort. Il organise ce samedi un repas de solidarité, le jour où une minute de silence sera observée.

Témoignage de Shirine, une Mayennaise de cœur 

Shirine, 24 ans, vit à Jounieh à quinze kilomètres du port de Beyrouth. Cette jeune Libanaise a une famille de cœur en Mayenne, des habitants d'Ampoigné, membres de l'association Enfant du Liban au début des années 2000. 

Ils ont accueillis à plusieurs reprises des enfants libanais pour leur offrir des vacances, dont Shirine, qui était à quelques kilomètres de Beyrouth au moment des explosions. Elle a quitté son appartement quelques heures avant pour aller chez ses parents à une heure et demie de route. "J'ai un ami qui a répondu à mes appels, un autre qui est mort, et d'autres qui n'ont pas répondu encore", raconte-t-elle au micro de France Bleu Mayenne.

Pour elle, le pays va avoir besoin "d'une aide immense pour le sortir de cette catastrophe".

À Rouen

Certains Libanais installés en France sont inquiets et n'ont pas de nouvelles de leurs proches, sur place. C'est le cas d'Alix, restaurateur de Rouen. Il attend un signe de vie de ses proches. "Ma mère habite dans la Bekka (plaine du Liban, à 1h40 en voiture de Beyrouth, ndlr), elle n'arrive pas à joindre ma grand-mère et mon oncle", explique-t-il sur France Bleu Normandie. "Et elle ne peut pas se rendre à Beyrouth." 

"Je m'inquiète beaucoup plus pour ma grand-mère, elle a 87 ans et elle est malade" explique Alix. Sa grand-mère et son oncle habitent près du port, dit-il, "à deux ou trois kilomètres". Il n'est pas très optimiste : "J'ai un espoir mais il est très très faible. Ça fait mal". 

La tristesse de la communauté libanaise de Touraine

Les 200 à 300 Libanais de Tours sont en deuil. L'émotion est immense par exemple chez Rafic Jaber. Les trois restaurants libanais qu'il possède rue Colbert à Tours sont restés fermés ce mercredi. "Je suis en deuil, et je n'ouvrirai pas mes restaurants en signe de soutien à ma famille, aux victimes et au Liban tout entier."

Le Secours Populaire d'Indre-et-Loire a lancé un appel aux dons, relayé sur l'antenne de France Bleu Touraine.

"J'ai un espoir mais il est très très faible. Ça fait mal, Alix un restaurateur libanais de Rouen

À Orléans

Sami Copti, chef cuisinier dans un restaurant libanais d'Orléans, est lui aussi tout retourné après ces explosions. Lui qui a grandi dans une ville à 40 kilomètres au nord de la capitale libanaise ne cache pas son désarroi : "une partie de ma famille habite Beyrouth, ils sont sains et saufs. Mais leur appartement, leur maison sont dévastés, les vitres sont par terre, le lit est retourné".

Il ajoute : "Le moral est à zéro, c'est un bouleversement catastrophique, c'est comme un tremblement de terre : on se couche, on se réveille et le monde est sens dessus dessous".

Témoignage à Nantes

En Loire-Atlantique, la communauté libanaise est également sous le choc. C'est le cas notamment d'Habchi Habchi installé à Nantes depuis 43 ans mais qui possède toujours un appartement à Beyrouth. Sa femme est d'ailleurs toujours là-bas. Elle a été gravement blessée et leur appartement a été endommagé.

Les dégâts dans l'appartement de Beyrouth d'Habchi Habchi.
Les dégâts dans l'appartement de Beyrouth d'Habchi Habchi. - Habchi Habchi

Il travaille dans le bâtiment et a appris la nouvelle sur les réseaux sociaux. "J'ai connu la guerre au Liban mais je n'avais jamais vu une telle explosion" témoigne-t-il. 

Notre appartement se trouve à environ 600 mètres de l'explosion. Avec le souffle, ma femme a été projetée 15 mètres plus loin. Elle a été blessée à la jambe, à la tête et au bras. Elle a été hospitalisée mais elle est vivante, détaille Habchi Habchi, un Libanais habitant à Nantes

Impuissant depuis ce drame, Habchi Habchi a hâte de rejoindre les siens. "Si je pouvais, je prendrai l'avion tout de suite pour Beyrouth. Problème, la piste de l'aéroport a été endommagée", se désole-t-il.

Veillée silencieuse à Toulouse

À Toulouse aussi, la solidarité s'organise. Toulouse Métropole est actuellement en discussion avec le CHU, la Région Occitanie et l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées pour aider le Liban. Des aides sur le plan des secours, de la santé, de la logistique, des infrastructures, scolaire, et des dons devraient être faits.

De son côté, l'association des Libanais de Toulouse organise une veillée silencieuse ce mercredi soir devant le Capitole à 20h, pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe.

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