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International

VIDÉO - L'Andorre doit faire de lourdes concessions pour pouvoir se rapprocher de l'Union européenne

mardi 1 mai 2018 à 22:35 Par Sébastien Berriot, France Bleu Occitanie et France Bleu Roussillon

Cela fait trois ans que l'Andorre négocie un accord d'association avec l'Union européenne. Discussions longues. Bruxelles réclame des efforts à la Principauté, notamment sur le prix des cigarettes. Le chef du gouvernement andorran Antoni Martí a accordé un entretien à France Bleu Roussillon.

Le chef du gouvernement andorran interrogé sur France Bleu Roussillon
Le chef du gouvernement andorran interrogé sur France Bleu Roussillon © Radio France - Fred Lienard

La petite Principauté d'Andorre, enclavée dans les montagnes pyrénéennes avec ses 85 000 habitants veut se rapprocher de l'Union Européenne, en particulier de ses voisins français et espagnols. C'est une volonté forte explique le chef du gouvernement andorran Antoni Martí.

Voilà un tout petit pays qui pourrait être eurosceptique et qui a décidé de faire de son rapprochement avec l'Union européenne un enjeu majeur

Tout comme Monaco et Saint-Marin, l'ancien paradis fiscal a engagé en 2015 des négociations avec Bruxelles en vue de conclure un accord d'association, en plus de l'union douanière déjà signée en 1991.

Cet accord permettrait  aux acteurs économiques andorrans, notamment aux banques, d'avoir un accès plus facile au marché européen, ce qui n'est pas forcément le cas aujourd'hui.

L'Etat andorran reste très dépendant des taxes sur les cigarettes

Mais en contrepartie de cet accord d'association, Bruxelles demande à l'Andorre de faire des efforts et de remettre en cause une partie de son modèle et certaines pratiques, en particulier sur le prix du tabac. La vente des cigarettes constitue une source de revenu considérable pour le petit pays. Chaque année, ce sont des centaines de milliers de visiteurs français et espagnols qui viennent en Andorre pour acheter leurs cigarettes.

Sur le tabac, c'est surtout la France qui est à l'origine des demandes européennes. Paris souhaite que le prix des cigarettes augmente dans la Principauté afin de mieux lutter contre le phénomène de contrebande et aussi pour des raisons de santé publique. Mais cet effort est difficile pour l'état andorran qui tire du tabac 25% de ses ressources publiques. La hausse des prix risquerait de faire fuir les acheteurs.

La grosse majorité des cigarettes de contrebande partent du village du Pas-de-la Case tout prés de la France - Radio France
La grosse majorité des cigarettes de contrebande partent du village du Pas-de-la Case tout prés de la France © Radio France - Sébastien Berriot

Après trois années de négociations avec Bruxelles, un compromis a finalement pu être trouvé dernièrement sur cette question du tabac. Le gouvernement andorran s'engage à mener une lutte plus efficace contre la contrebande qui inonde toute l'Occitanie  (on estime que 20% des cigarettes vendus au Pas-de-la-Case se retrouvent sur les marchés parallèles de Toulouse ou encore de Perpignan). Illustration de cette volonté, des patrouilles communes de douaniers français et andorrans ont fait leur apparition le mois dernier.

On a fait en Andorre des changements législatifs très importants, notamment d'un point de vu pénal, pour lutter contre la contrebande (Antoni Martí)

Le tabac du coup entrera dans la liste des marchandises sous union douanière, mais en échange des efforts consentis, l'Union Européenne  accorde un délai de 30 ans pendant lequel l'Andorre pourra continuer  de fixer ses taxes librement et vendre ses cigarettes à des tarifs largement inférieurs à ceux pratiqués en France et en Espagne.  Le différentiel de prix en revanche devrait rester identique, à chaque fois que la France augmentera le prix de ses cigarettes.

Les Andorrans veulent continuer de contrôler leurs frontières

Si la question du tabac  a globalement été réglée, reste un domaine qui empêche toujours la conclusion de l'accord d'association. C'est le sacro-saint principe de  libre circulation des personnes, exigé par Bruxelles.

Ce principe fait peur aux Andorrans qui appliquent aujourd'hui une politique très stricte en matière de flux migratoires.  Avec le réglementation actuellement en vigueur, il est très difficile par exemple pour un ressortissant de l'Union de venir s'installer en Andorre et d'y travailler.

Il faut que les gens  comprennent. Ce n'est pas la même chose que 85 000 Andorrans puissent venir habiter  dans un continent de 500 millions d'habitants et que ces 500 millions de personnes puissent s'installer dans un tout petit pays comme le notre (Antoni Martí)

Avec le principe de libre circulation des personnes, les andorrans redoutent une concurrence nouvelle sur le marché du travail et évoquent une perte de souveraineté et d'identité. Le gouvernement andorran devrait donc demander une dérogation à Bruxelles pour ne pas avoir à appliquer la libre circulation des personnes. Le poste frontière franco-andorran sur la commune de Porta (66) n'est donc pas prêt de disparaître.

Andorre ne veut pas du principe de libre circulation des personnes. Reportage Sébastien Berriot.

Antoni Martí refuse de polémiquer avec le maire de Porta sur la nouvelle délimitation de la frontière franco-andorrane

Concernant le traité qui a été signé récemment entre la France et l'Andorre pour délimiter officiellement la frontière entre les deux pays, le chef du gouvernement andorran se félicite de cette entente "à l'amiable", mais il refuse de commenter les critiques exprimées par le maire de Porta côté français. L'élu accuse l'Andorre d'avoir récupéré des terrains qui appartiennent à sa petite commune dans le secteur du Pas-de-la-Case. Le chef du gouvernement Antoni Martí explique qu'il s'agit d'un accord international qui a été négocié avec la République française et qu'il ne peut pas répondre à ces propos.

Andorre, en bref - Radio France
Andorre, en bref © Radio France - Anne Jocteur-Monrozier