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International

Fidel Castro, le père de la révolution cubaine, est mort à 90 ans

samedi 26 novembre 2016 à 9:02 Par Aymeric Robert, France Bleu

Guerillero devenu autocrate, Fidel Castro est mort vendredi à l'âge de 90 ans. En 2006, le Lider maximo avait laissé le pouvoir à son frère Raul après avoir dirigé Cuba d'une main de fer pendant plus de cinquante ans. Retour sur l'un des derniers géants du XXe siècle.

Fidel Castro, le 22 décembre 2005, à la Havane.
Fidel Castro, le 22 décembre 2005, à la Havane. © AFP - Antonio Levi

cuba

Figure historique de la révolution cubaine, Fidel Castro qui a dirigé Cuba pendant plus d'un demi-siècle, est mort vendredi soir à 90 ans. "Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir", a annoncé son frère, Raul Castro qui lui a succédé à la tête du pays en 2006. Les cendres de Fidel Castro seront enterrées le 4 décembre à Santiago de Cuba, ville de l'est berceau de la révolution, après une procession de quatre jours à travers l'île. C'est à cette cérémonie que devraient assister de nombreux dignitaires et personnalités du monde entier. Neuf jours de deuil national ont été décrétés.

Les réactions dans le monde et en France pleuvent. Après un laconique "Fidel Castro est mort" posté sur Twitter, Donald Trump a qualifié le Lider maximo de "dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple". Plus mesuré, Barack Obama a réagi dans un communiqué : "L'Histoire jugera l'impact énorme" de Fidel Castro, exprimant son "amitié au peuple cubain". Un "leader remarquable" selon Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. "Le camarade Castro vivra éternellement", a assuré le président chinois dans un message. "Fidel Castro avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu'elle avait suscités puis dans les désillusions qu'elle avait provoquées", a souligné le président socialiste, François Hollande, réclamant une levée totale de l'embargo contre Cuba.

La vidéo de sa dernière apparition, à la Havane, en août 2016 lors de son 90e anniversaire.

Fidel Castro avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba (PCC) à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965. Son décès, qui survient à peine deux ans après l'annonce historique du rapprochement entre Cuba et les États-Unis, vient définitivement tourner la page de la guerre froide, qui a mené le monde au bord du conflit nucléaire lors de la crise des missiles d'octobre 1962.

Célèbre pour ses coups d'éclat et ses discours interminables, mais aussi pour son uniforme vert olive, ses cigares et sa barbe légendaire, Fidel Castro était un symbole de la lutte contre l'"impérialisme américain", tout en affichant lui-même un piètre bilan en matière de droits civiques et de libertés. Il aura défié onze présidents américains et survécu à maints complots pour l'assassiner (un record de 638 selon le Livre Guinness des records) ainsi qu'à une tentative ratée de débarquement d'exilés cubains soutenus par la CIA dans la baie des Cochons (sud de l'île) en avril 1961. Retour sur le parcours historique d'un guerillero devenu autocrate.

La conquête du pouvoir

Photo prise en 1960, à gauche Fidel Castro, à droite, Ernesto Che Guevara - AFP
Photo prise en 1960, à gauche Fidel Castro, à droite, Ernesto Che Guevara © AFP - Roberto Salas

Né en 1926, fils d'un grand propriétaire terrien d'origine espagnole, Fidel Castro devient docteur en droit en 1950, il commence une carrière d'avocat et d'opposant politique. En 1953, il tente sans succès de s'emparer de la caserne Moncada à Santiago avec une centaine d'insurgés. Condamné à 15 ans de prison puis amnistié deux ans plus tard, il s'exile avec son frère Raul au Mexique où il fait la connaissance d'Ernesto "Che" Guevara.

En 1956, Fidel Castro débarque avec 81 militants dans le sud de l'île. Seuls une quinzaine de guérilleros survivent et se réfugient dans les hauteurs de la Sierra Maestra. Six mois plus tard, ils sont une centaine et gagnent du terrain avec l'aide d'une agitation urbaine incessante. Le 8 janvier 1959, il fait une entrée triomphale à la tête de ses "barbudos" à La Havane, après 25 mois de guérilla contre le régime de Fulgencio Batista.

Au cœur de la guerre froide

Fidel Castro, à Moscou, en 1977, au côté de Leonid Brejnev - AFP
Fidel Castro, à Moscou, en 1977, au côté de Leonid Brejnev © AFP

En 1961, les États-Unis rompent les relations diplomatiques, peu avant l'échec de la tentative de débarquement d'anticastristes soutenus par Washington à la baie des Cochons (Playa Giron). Castro proclame le caractère socialiste de sa Révolution. En 1962, Kennedy décrète l'embargo contre Cuba le 13 février. En octobre, la crise des missiles, après l'installation de fusées nucléaires soviétiques à Cuba, met le monde au bord d'un conflit atomique. Washington décide un blocus naval de l'île. Moscou retire ses fusées contre la promesse américaine de ne pas envahir l'île.

Cette opposition à la superpuissance américaine et cette révolution socialiste suscite alors une certaine fascination et le régime se targue alors d'avoir éradiqué l'analphabétisme et mis en place un système de santé efficace et accessible aux 11,1 millions d'habitants de l'île. Une performance rare pour un pays pauvre d'Amérique latine.

Difficultés économiques et répression

En 1989, Fidel Castro fait arrêter le général Arnaldo Ochoa, héros de la guerre d'Angola (1975). Celui-ci est fusillé le 13 juillet, provoquant un fort émoi de la population et affectant durablement son prestige personnel. L'année suivante, Fidel Castro annonce une "période spéciale en temps de paix" en raison de l'effondrement économique du pays, aggravé par la chute de l'URSS un an après. Pénuries en tous genres, disette, malnutrition... La légalisation du dollar et l'ouverture au tourisme permettent au régime de survivre. En 1973, 75 dissidents sont arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prison, entraînant des sanctions de l'Union européenne.

Raul, Seul aux commandes

Fidel Castro et son frère, Raul, à la tribune, en 1996, avant la passation de pouvoir. - AFP
Fidel Castro et son frère, Raul, à la tribune, en 1996, avant la passation de pouvoir. © AFP - Adalberto Roque

L'ex-président avait totalement disparu des écrans cubains entre février 2014 et avril 2015, ce qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé. Mais depuis un an et demi, même si ses déplacement restaient limités, il avait recommencé à publier des "réflexions" et s'était remis à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.

Raul, âgé de 85 ans depuis le 3 juin, a engagé depuis 10 ans un lent processus de "défidélisation" du régime, défini en avril 2011 par l'adoption lors d'un congrès historique du PCC d'un ensemble de mesures économiques destinées à sauver Cuba de la faillite. Il a également orchestré dans l'ombre un rapprochement historique annoncé mi-décembre avec les États-Unis, révélant un pragmatisme qui tranche avec l'anti-américanisme viscéral de son aîné.

Fidel Castro, dit le "Lider maximo" a toujours maintenu secrète sa vie privée. Sa compagne Dalia Soto del Valle, qui partageait sa vie depuis les années 1960 et lui a donné cinq fils, devrait assister aux obsèques de celui qui a eu au moins trois autres enfants - dont une fille vivant à Miami - avec trois autres femmes.