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Génocide : le Premier ministre turc Erdogan présente ses condoléances aux descendants des Arméniens

Par Julie Guesdon, France Bleu mercredi 23 avril 2014 à 15:26

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan © MaxPPP

Pour la première fois, un Premier ministre a présenté ses condoléances au nom du gouvernement turc aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915. Dans un communiqué, Erdogan parle du "devoir humain" de comprendre et commémorer les souffrances des Arméniens, alors qu'Ankara refuse de parler de génocide.

Le Premier ministre turc vient de provoquer un séisme politique. 99 ans après le massacre des Arméniens par les troupes de l'empire Ottoman, Recep Tayyip Erdogan vient de présenter ce mercredi ses condoléances aux descendants des Arméniens tués. Alors qu'Ankara refuse de qualifier le massacre de génocide, c'est la première fois qu'un chef du gouvernement présente explicitement les condoléances "de la Turquie".

"Un acte inhumain"

Dans un communiqué qu'il adresse "aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915", Recep Tayyip Erdogan écrit : "Nous souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances du début du XXe siècle reposent en paix et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants."

En décembre dernier déjà, sous la pression des descendants des victimes du massacre, le vocabulaire des politiques avait évolué en Turquie. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu avait qualifié les déportations d'Arméniens d' "erreur", d'un "acte inhumain". Devant les actions de plus en plus présentes des Arméniens pour commémorer le massacre, Erdogan affirme qu'il s'agit "d'un devoir humain [que] de comprendre et de partager la volonté des Arméniens de commémorer leurs souffrances pendant cette époque".

Le 24 avril 1915, le premier génocide du XXe siècle avait débuté dans l'empire ottoman par la déporation de centaines de milliers d'Arméniens. Selon les Arméniens, 1,5 millions de personnes avaient été tuées et la plupart de leurs biens confisqués.

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