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VIDEO | Georges, Syrien réfugié à Pont-sur-Yonne

Par Renaud Candelier et Julie Davico-Pahin, France Bleu Auxerre mercredi 16 septembre 2015 à 18:44

Georges (à gauche) et Pierre Joseph (à droite)
Georges (à gauche) et Pierre Joseph (à droite) © Radio France - Renaud Candelier

Cet artisan de 36 ans a quitté son pays en juin. Il habitait Alep, au nord de la Syrie. Une ville actuellement menacée par l'Etat Islamique. Aujourd'hui, Georges est hébergé au presbytère de Pont-sur-Yonne (89). Le curé de la paroisse et d'autres chrétiens l'aident dans ses démarches

Georges a le sourire. Le visage de cet homme de 36 ans, rasé de près, les cheveux noirs peignés en brosse, est apaisé. Et il est bien difficile en le regardant d'imaginer ce qu'il a vécu. "Je m'appelle Georges, c'est sur ma carte d'identité. C'est un prénom chrétien, alors j'avais peur de me faire enlever et de me faire égorger par DAECH ou Jabat Al Nostra", témoigne-t-il. 

Georges a échappé de justesse à la mort

A Alep, Georges était graveur sur cuivre. Il avait un atelier dans un quartier que Jabat Al Nostra a envahi. L'artiste a même été capturé, il a échappé de peu à la mort. Il s'est ensuite ensuite rendu à Damas, la capitale de la Syrie. Mais là-bas, même scénario : "des attaques, des bombardements. Comme il a vu la mort une fois, il était impossible pour lui de vivre dans le danger", raconte Perre Joseph, un médecin sénonais d'origine syrienne.

Georges rejoint la Turquie, puis la Hongrie. Il arrive à Paris au terme d'un périple douloureux de deux mois. Aujourd'hui il n'attend qu'une chose : avoir des papiers, pour trouver du travail. 

"J'avais peur de me faire égorger"

Ces gens rêvent de pouvoir faire leur marché tranquillement 

Après Georges, le père Arnaud Montoux attend d'autres réfugiés dans sa paroisse de Pont-sur-Yonne. Il va bientôt accueillir une famille irakienne qui a perdu tout ce qu'elle possédait. "Ce sont des gens qui ont perdu leur maison, leurs biens. Ils ont été obligés de fuir parce qu'ils étaient chrétiens. C'est une famille de trois enfants, le premier a perdu un tympan à cause d'un attentat. Il faisait le marché avec sa famille et il y a eu une bombe. Nous, nous allons faire notre marché tranquillement, ces gens rêvent aussi de pouvoir faire leur marché tranquillement  sans risquer leur vie", explique le curé de la paroisse.

"Ils ont été obligés de fuir parce qu'ils étaient chrétiens"