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Gérard Bapt : "Je repars en Syrie samedi"

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse et France Bleu mercredi 23 septembre 2015 à 8:43

Gérard Bapt doit s'envoler pour la Syrie samedi
Gérard Bapt doit s'envoler pour la Syrie samedi © Max PPP - IP3-Maxppp

Le député PS de Haute-Garonne, président du groupe France-Syrie à l'Assemblée, persiste et signe. Avec deux autres députés de la majorité, il s'apprête à partir en Syrie comme il l'avait fait en février, avec d'autres parlementaires soulevant la polémique.

En février déjà, Gérard Bapt s'était rendu en Syrie avec plusieurs parlementaires français malgré le désaccord du gouvernement. Contrairement à ses collègues, lui n'avait pas rencontré Bachar-el-Assad. Cette fois non plus, il ne compte pas échanger avec le président syrien. Il l'assure, sa "mission" sera humanitaire, et non politique. Le député PS de Haute-Garonne, président du groupe France-Syrie, premier adjoint au maire de Saint-Jean, était l'invité de France Bleu Toulouse ce mercredi matin.

Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne, invité de la rédaction

Qu'allez-vous faire en Syrie ?

C'est une démarche qui ne sera ni politique ni diplomatique car ce n'est pas une mission officielle. Nous ne sommes pas porteurs d'un message politique et nous ne voulons pas troubler la politique extérieure du Président de la République à la veille d'échéances importante à l'ONU. C'est une démarche de nature humanitaire de solidarité. Nous allons rencontrer des représentants de la société civile comme le Croissant-Rouge, des représentants de communauté qui ont souffert comme les arméniens et les assyro-chaldéens. Nous allons aussi nous intéresser à la culture, aux musées, qui ont payé un lourd tribut à la folie de l'Etat Islamique. Mais nous ne rencontrerons aucun responsable de l'appareil militaro-sécuritaire syrien.

Vous nous confirmez que vous ne rencontrerez pas non plus cette fois Bachar el-Assad ?

Non. En février, j'ai été victime du fait que mes collègues de l'opposition aient transgressé une ligne rouge, un accord préalable.

Manuel Valls parlait à l'époque de "faute morale". Thierry Solère, député les Républicains, vous traitait hier de "pieds nickelés". Vous saviez que votre annonce allait provoquer des remous...

La faute morale incombait à ceux qui ont échangé avec Bachar el-Assad, ça n'était pas mon cas.

Qu'est-ce qui vous motive à repartir ?  Estimez-vous qu'il y a un changement de ton vis-àvis du régime syrien? Est-il devenu moins "infréquentable" selon vous ?

Ce qui a changé, ce sont le souffrances civiles et le drame de l'expatriation, c'est qu'il y a de plus en plus de représentants de communautés en danger qui demandent des visas pour venir en Europe. Ce qui a changé aussi c'est l'angoisse partagée de familles toulousaines notamment avec leurs familles restées en Syrie, cela mérite un geste de solidarité. Nous allons aussi évaluer sur place la situation social, humanitaire et en matière de santé, dans l'espoir que le grand mouvement diplomatique qui smeble enfin se faire en faveur de la paix puisse rapidement contribuer à alléger les souffrances civiles.

A Saint-Jean dont vous êtes le premier adjoint, allez-vous accueillir des familles de réfugiés ?

Oui quand le moment sera venu, sous l'organisation de l'Etat et la préfecture. Nous avons déjà accueilli à Saint-Jean dans un logement d’urgence puis dans un logement social une femme yézidie et son fils. Il y a des mois que certains œuvrent déjà pour accueillir des réfugiés syriens ou irakiens qui rejoignent parfois leurs familles en France.

L'actualité ce sont aussi ces avions de combat russes positionnés en Syrie. Cela cautionne t-il votre position ?

Cela n'a rien à voir. Cette affaire concerne le Président de la République et la politique des Etats, c'est à lui de voir si cet élément apporte du positif ou du négatif. Mais cela ne concerne absolument pas notre visite.

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