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International

Glyphosate : Monsanto condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier américain atteint d'un cancer

samedi 11 août 2018 à 11:14 - Mis à jour le samedi 11 août 2018 à 16:26 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

La justice américaine a estimé, ce vendredi, que le désherbant Roundup de Monsanto était à l'origine du cancer développé par un jardinier. Le géant de l'agrochimie est condamné à verser 289 millions de dollars, soit 253 millions d'euros, au plaignant. Monsanto va faire appel.

Le jardinier américain Dewayne Johnson, victime d'un cancer du à l'utilisation du glyphosate.
Le jardinier américain Dewayne Johnson, victime d'un cancer du à l'utilisation du glyphosate. © AFP - JOSH EDELSON

L'entreprise Monsanto, qui fabrique le célèbre Roundup, son herbicide à base de glyphosate, a été condamnée vendredi à verser 289 millions de dollars, soit 253 millions d'euros, à un jardinier par un tribunal de San Francisco. Le géant de l'agrochimie est condamné pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide, à l'origine du cancer de Dewayne Johnson. C'est une victoire pour ce jardinier américain qui espère un effet boule de neige. Monsanto a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision.

Le Roundup jugé responsable du cancer incurable du jardinier 

Les jurés ont en fait déterminé que Monsanto avait agi avec "malveillance" et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient "considérablement" contribué à la maladie du plaignant, Dewayne Johnson. 

Cet Américain de 46 ans qui a abondamment utilisé le désherbant Roundup et sa version professionnelle plus puissante, le RangerPro, dans le cadre de son travail de jardinier, entre 2012 et 2014. Père de trois garçons, il a été diagnostiqué en 2014 d'un lymphome non hodgkinien, un cancer incurable du système lymphatique. Les médecins lui donnent moins de deux ans à vivre.

"J'ai reçu beaucoup de soutien depuis le début de cette affaire, beaucoup de prières et d'énergie de la part de gens que je connais même pas. Je suis content de pouvoir aider une cause qui me dépasse largement. Et j'espère que cette décision commencera à lui apporter l'attention dont elle a besoin", a réagi le jardinier au cours d'une conférence de presse.

Le verdict montre que les preuves de la dangerosité du glyphosate sont accablantes" - L'un des avocats du jardinier 

Selon l'un des avocats du plaignant, Brent Wisner, le verdict "montre que les preuves (de la dangerosité du glyphosate) sont accablantes". "Des gens souffrent du cancer car Monsanto ne leur a pas donné le choix", a-t-il ajouté, se disant déterminé à "(se) battre jusqu'au bout" alors que l'entreprise compte faire appel.

Pour Monsanto, "le jury a eu tort" 

"Le jury a eu tort", a déclaré le vice-président de Monsanto Scott Partridge, devant le tribunal. L'entreprise a par ailleurs immédiatement réagi dans un communiqué, annonçant qu'elle avait l'intention de faire appel et réitérant l'idée que le glyphosate, principe actif du Roundup, ne cause pas le cancer et n'est pas responsable de la maladie du plaignant. "Nous ferons appel de la décision et continuerons à défendre vigoureusement ce produit qui bénéficie de 40 ans d'histoire d'une utilisation sans danger et qui continue à être un outil essentiel, efficace et sans danger pour les agriculteurs et autres usagers", affirme le groupe.

Un procès historique

Les jurés avaient commencé à délibérer le 8 août après plus d'un mois de débats dans ce procès historique, le premier à concerner le caractère possiblement cancérigène des produits au glyphosate de Monsanto.

Le jardinier alerté par des marques sur sa peau

Dewayne Johnson, qui n'avait pas de problème de santé auparavant, a expliqué, lors de son témoignage fin juillet, qu'il n'avait aucune idée des controverses sur le glyphosate avant de voir des marques sur sa peau et de se renseigner sur internet. Pour ses avocats, Monsanto a fait passer ses bénéfices avant la santé publique en bataillant contre des études faisant état de risques cancérigènes autour du Roundup.
Pour Monsanto, il n'y a aucun lien entre cancer et glyphosate et donc aucune raison d'avertir d'un danger quelconque à propos de cette substance très controversée.

Plusieurs milliers de procédures 

Des milliers de procédures contre Monsanto sont en cours aux Etats-Unis, à des degrés divers d'avancement. Le glyphosate fait l'objet d'études et de décisions contradictoires depuis de nombreuses années. Plébiscité par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût, il fait particulièrement polémique en Europe et notamment en France.

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