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Haïti : "Il faut donner dans la durée, pas juste après les dégâts" !". L'appel d'un Girondin d'origine haïtienne

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde dimanche 9 octobre 2016 à 19:44

Une victime de l'ouragan Matthew pleure après avoir reçu un sac de riz - Les Cayes, Haïti
Une victime de l'ouragan Matthew pleure après avoir reçu un sac de riz - Les Cayes, Haïti © Maxppp - Orlando Barría

Karl Bellmont est un Bordelais avec encore beaucoup d'attaches pour son pays d'origine. Il s'y rend tous les ans et aide plusieurs organisations non gouvernementales. Selon lui, l'aide humanitaire d'urgence ne suffit pas. Il faut aider le pays à "travailler dans le durable".

La petite île entame son deuxième jour de deuil national après les rafales de vent de plus de 230 km/h et les averses torrentielles de l'ouragan Matthew. 336 personnes sont mortes au total et des villages ont été complètement dévastés. Haïti joue maintenant sa survie, l'heure est à la reconstruction. Beaucoup d'ONG en appellent aux dons de la communauté internationale.

Karl Bellmont est originaire des Cayes dans le Sud d'Haïti, la zone la plus touchée par Matthew. Cet ingénieur territorial travaille pour le département de la Gironde. Il a pu joindre sa famille et ne dénombre aucune victime directement mais les dégâts matériels sont très importants.

Sur un village de 300 ou 400 habitants, seules deux maisons ont encore un toit, toutes les autres ont perdu leurs toits.

Il faut agir dans la durée

Selon le Bordelais, dans six mois, toutes les récoltes seront mises à mal notamment dans le Sud. La conséquence pourrait être sans appel : les Haïtiens risquent de se retrouver face à un épisode de famine. C'est à ce moment là qu'il faudra intervenir. Les urgentistes interviennent très bien et la solidarité qui est en train de s'opérer aussi mais dans le pays "il faut travailler durablement".

Ce n'est pas le premier ouragan en Haïti. Au lieu de dépenser 1000€, dépensez 1€ sur du long terme. Il faut aider les agriculteurs qui n'arriveront pas à être indépendants d'ici un an.

En Haïti, il existe deux types de construction : des constructions lourdes très sensibles aux séismes et des constructions légères très sensibles aux cyclones. Dans les deux cas, les habitants sont soumis au danger donc pour Karl Bellmont, "il s'agit surtout d'aider les habitants à construire durablement".

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