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Kenya : un assaillant identifié après le massacre dans une université

Par Marina Cabiten, France Bleu lundi 6 avril 2015 à 8:53

Un Kenyan prie pour les 148 personnes tuées, dans une église catholique
Un Kenyan prie pour les 148 personnes tuées, dans une église catholique © MaxPPP

La majorité chrétienne du Kenya a fêté Pâques dimanche, endeuillée par le massacre d'étudiants de l'université de Garissa commis par un commando islamiste, alors qu'un des assaillants a été identifié comme un jeune Kényan.

Un deuil national de trois jours a commencé dimanche au Kenya, à la mémoire des 148 victimes (dont 142 étudiants, chrétiens en majorité) tués par des islamistes somaliens shebab. Les drapeaux ont été mis en berne. L'un des quatre assaillants a été identifié selon les autorités. 

La messe pascale endeuillée

Nairobi mène depuis fin 2011 une intervention militaire dans le sud de la Somalie pour combattre les shebab , et ces derniers ont encore menacé samedi le Kenya d'une "longue, épouvantable guerre" . Dimanche, aucune cérémonie officielle de deuil n'a été organisée, mais les chrétiens.

La veille, le président Uhuru Kenyatta avait appelé à l'unité entre communautés chrétienne et musulmane. Depuis Rome, dans son message "urbi et orbi", le pape François a demandé au monde entier de prier pour les victimes des violences sur le continent africain.

L'un des assaillants identifié parmi les corps

Les autorités kényanes ont annoncé avoir identifié l'un des quatre assaillants dont les corps ont été retrouvés à l'issue des 16 heures de siège : il s'agit d'un jeune Kényan d'ethnie somali, diplômé en droit . Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, "Abdullahi était diplômé de la faculté de droit de Nairobi et décrit par quelqu'un qui le connaît bien comme un futur brillant juriste" . Son père, un responsable local d'une circonscription du comté de Mandera, "avait signalé aux autorités que son fils avait disparu et qu'il soupçonnait le garçon de s'être rendu en Somalie" .

Les autorités tentent toujours d'identifier les trois autres corps des assaillants présumés et, à la morgue de Nairobi ou auprès de la Croix-Rouge, des centaines de Kényans dans l'angoisse cherchaient toujours à savoir ce qui était arrivé à leurs proches. La presse locale a critiqué dimanche la lenteur de la réaction des autorités au moment de l'attaque, les forces spéciales ayant mis au moins sept heures jeudi pour se déployer face au commando d'islamistes somaliens. "Il s'agit d'une négligence qui frise l'acte criminel" , affirme un éditorial du grand quotidien kényan Nation, rappelant que les "hommes armés qui ont tué des dizaines d'étudiants avec un plaisir évident ont pris tout leur temps" .