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La Corée du Nord annonce son premier essai "réussi" de bombe H

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 6 janvier 2016 à 7:35 Mis à jour le mercredi 6 janvier 2016 à 7:42

Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen
Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen © Maxppp

La Corée du Nord a affirmé avoir mené mercredi un essai de bombe à hydrogène, pour la première fois avec succès. La Corée du Sud parle de "menace sérieuse", la France de "violation inacceptable", mais aucun État n'est pour l'instant en mesure de confirmer que cet essai a bien eu lieu.

Malgré l'interdiction du Conseil de sécurité de l'ONU de mener de tels essais, la Corée du Nord affirme mercredi avoir testé avec succès une bombe à hydrogène, "miniaturisée" selon la télévision officielle du régime communiste et totalitaire de Kim Jong-Un. 

"Provocations"

La Corée du Sud voisine a "condamné avec force" cet essai, et annoncé avoir renforcé sa surveillance de la Corée du Nord. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a parlé de "grave défi" aux efforts mondiaux de non prolifération nucléaire et de "sérieuse menace" contre le Japon. 

La France a condamné une "violation inacceptable" des résolutions du Conseil de sécurité, et "appelle une réaction forte de la communauté internationale". Les États-Unis ont fustigé les "provocations" de la Corée du Nord, tout en se disant incapables de confirmer si ce pays avait bien effectué un essai de bombe à hydrogène, comme il le prétend. L'annonce de ce test d'une bombe H est une surprise.

Coup de bluff ?  

Une bombe à hydrogène, ou bombe thermonucléaire, produit une explosion beaucoup plus puissante qu'une bombe nucléaire de type A, celle lancée contre Hiroshima et Nagasaki (Japon) par l'armée américaine en 1945. Le mois dernier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait laissé entendre que son pays avait mis au point une bombe H, une déclaration largement mise en doute par les spécialistes internationaux. 

Le scepticisme n'était pas moins grand après les annonces de mercredi. "Cette arme avait probablement la taille de la bombe américaine d'Hiroshima mais ce n'était pas une bombe à hydrogène. On a affaire à de la fission", a assuré à la BBC Bruce Bennett, analyste spécialiste de la défense. "Le 'bang' qu'ils auraient obtenu aurait été 10 fois supérieur à ce qu'ils ont obtenu". Les premiers soupçons sur un nouvel essai nord-coréen ont été émis par des sismologues qui ont détecté un séisme de magnitude 5,1 près du principal site d'essais nucléaires de la Corée du Nord. 

Corée du Nord et nucléaire, le serpent de mer

Le bras de fer entre la Corée du Nord et le reste de la communauté internationale autour du nucléaire date du début des années 80. Programme clandestin, engagements de désarmement non tenus, le président américain Barack Obama avait qualifié en 2014 la Corée du Nord "d'Etat paria" et promis des sanctions plus fermes en cas de nouvel essai. Si celui annoncé mercredi est confirmé, ce sera le quatrième. 

Après son dernier essai nucléaire, Pyongyang avait redémarré un réacteur fermé depuis 2007, dans le cadre d'un accord échangeant désarmement contre aide humanitaire. Les experts estiment que Pyongyang a actuellement suffisamment de plutonium pour fabriquer jusqu'à six bombes.

Le site d'essais nucléaires de Punggye-ri - Aucun(e)
Le site d'essais nucléaires de Punggye-ri