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International

La France accuse la Russie de tentative d'espionnage sur un satellite en 2017

vendredi 7 septembre 2018 à 18:09 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Occitanie et France Bleu

D'après la ministre des Armées Florence Parly, un satellite russe a tenté, l'an dernier, d'espionner un satellite franco-italien qui permet de transmettre des communications militaires sécurisées. La ministre française a dénoncé, ce vendredi, une "tentative inamicale d'écouter ses voisins".

La ministre des Armées Florence Parly.
La ministre des Armées Florence Parly. © Maxppp - SEBASTIEN COURDJI

Un satellite russe a tenté l'an dernier d'espionner un satellite franco-italien permettant des communications militaires sécurisées, a dénoncé ce vendredi la ministre française des Armées Florence Parly dans un discours consacré à l'espace.

Tenter d'écouter ses voisins, cela s'appelle un acte d'espionnage" - Florence Parly 

"Alors qu'Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la Terre, un satellite s'est approché de lui, de près, d'un peu trop près", a raconté la ministre lors d'un déplacement au Centre national d'études spatiales à Toulouse. "De tellement près qu'on aurait vraiment pu croire qu'il tentait de capter nos communications", a-t-elle ajouté. Or "tenter d'écouter ses voisins, ce n'est pas seulement inamical. Cela s'appelle un acte d'espionnage".

Placé en orbite en 2014 par une fusée Ariane 5, le satellite Athena-Fidus fournit des moyens de télécommunication de très haut débit aux armées française et italienne et aux services de sécurité civile des deux pays.

Un satellite russe connu "mais un peu indiscret", dénonce la ministre

"Ce satellite aux grandes oreilles s'appelle Louch-Olymp, c'est un satellite russe bien connu mais un peu... indiscret", a-t-elle poursuivi. "Nous l'avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s'imposaient. Nous le surveillons attentivement, nous avons d'ailleurs observé qu'il continuait de manœuvrer activement les mois suivants auprès d'autres cibles, mais demain, qui dit qu'il ne reviendra pas auprès d'un de nos satellites ?", s'est-elle interrogée.

L'espace, terrain d'une guerre d'espionnage entre grandes puissances ?

Les États-Unis ont récemment dénoncé "le comportement très anormal" d'un "objet spatial" déployé par la Russie en octobre 2017. "Non, l'espionnage et les actes offensifs, ça n'arrive pas qu'aux autres. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manœuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas", a prévenu la ministre française des Armées. 

D'autres très grandes puissances spatiales expérimentent des capacités potentiellement offensives" - Florence Parly 

Elle a également souligné que "d'autres très grandes puissances spatiales déploient en orbite des objets intrigants, expérimentent des capacités potentiellement offensives, conduisent des manœuvres qui ne laissent guère de doutes sur leur vocation agressive".

Le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de définir l'an prochain pour la France "une stratégie spatiale de défense". Un groupe de travail du ministère des Armées doit rendre des propositions sur le sujet d'ici au mois de novembre.