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La France met officiellement fin à l'opération Sangaris en Centrafrique

Par Géraldine Houdayer, France Bleu lundi 31 octobre 2016 à 15:17

La France a mobilisé 2.500 soldats en Centrafrique au plus fort des tensions.
La France a mobilisé 2.500 soldats en Centrafrique au plus fort des tensions. © AFP - Issouf Sanogo

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé, ce lundi à Bangui, la fin de l'opération Sangaris en Cantrafrique. Les militaires français étaient présents dans le pays depuis trois ans, pour mettre fin aux massacres intercommunautaires. Le pays est toujours secoué par des accès de violence.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a officiellement proclamé , ce lundi 31 octobre à Bangui, la fin de l'opération militaire française Sangaris, lancée en Centrafrique en décembre 2013 au plus fort des massacres intercommunautaires. "La page de l'opération Sangaris est tournée en République centrafricaine", a déclaré Jean-Yves Le Drian lors d'une cérémonie au camp militaire Mpoko, près de l'aéroport, en présence des autorités locales et du corps diplomatique.

L' armée française sera certes moins visible, mais elle sera présente, active et vigilante" - Jean-Yves Le Drian

Le ministre de la Défense avait auparavant assuré les responsables centrafricains que la fin de Sangaris "ne signifie pas la fin des relations militaires entre la France et la Centrafrique. L'armée française sera certes moins visible, mais elle sera présente, active et vigilante", a déclaré M. Le Drian dans un discours à l'Assemblée nationale, devant des députés inquiets de la violence persistante dans leur pays. "Nous conserverons une capacité d'intervention grâce aux unités de l'opération Barkhane (dont l'Etat-major se trouve au Tchad voisin, ndlr) ou aux autres forces positionnées en Afrique", a avancé le ministre français.

Quatre soldats français morts pendant l'opération

Environ 350 militaires français, équipés de drones d'observation, resteront présents en Centrafrique, dont une centaine au sein de la force de l'ONU (Minusca, environ 12.000 hommes), notamment au niveau de l'état-major. La France avait mobilisé 2.500 soldats au plus fort des tensions. "Nous sommes fiers de l'opération Sangaris", avait déclaré M. Le Drian plus tôt lundi devant l'Assemblée nationale de Bangui. Le ministre a estimé que l'opération avait rempli ses trois missions: "mettre fin au chaos, accompagner la montée en puissance des forces internationales et permettre la tenue d'élections démocratiques". Le ministre a également rendu hommage lundi aux quatre soldats français morts lors de l'opération.

Sangaris se retire beaucoup trop tôt" - un député centrafricain

"Sangaris se retire beaucoup trop tôt. Nos forces de sécurité ne sont pas en mesure de prendre le relais. Les forces onusiennes sont de plus en plus débordées dans leur rôle de pompier", a regretté de son côté lundi un député centrafricain, Anicet Georges Dologuélé, ancien candidat à l'élection présidentielle. Dimanche, au moment de l'arrivée de Jean-Yves Le Drian, un règlement de compte entre groupes armés a fait plusieurs morts - une dizaine, de source locale - dans le quartier musulman de Bangui. En fin de semaine dernière, des violences dans le centre du pays avait fait 25 morts, dont six gendarmes.

La Centrafrique a basculé dans le chaos avec le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par les rebelles séléka majoritairement musulmans, et la contre-offensive des milices anti-balaka principalement chrétiennes. Le pays est désormais sous la seule protection des Casques bleus des Nations unies, faute d'un Etat et d'une armée capable de résister aux groupes armés.

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