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International

La Nouvelle-Calédonie vote pour ou contre son indépendance ce dimanche

vendredi 2 novembre 2018 à 11:53 Par Faustine Mauerhan, France Bleu

Vingt ans après la signature de l'accord de Nouméa, la Nouvelle-Calédonie doit décider ce dimanche, par référendum, si elle reste française, scénario le plus probable, ou si elle choisit l'indépendance. Emmanuel Macron doit s'exprimer dimanche à 13h après le vote.

Un militant de l'indépendance brandi un drapeau kanak pendant un meeting.
Un militant de l'indépendance brandi un drapeau kanak pendant un meeting. © AFP - THEO ROUBY

Ce dimanche 4 novembre, l’archipel du Pacifique Sud, français depuis 1853, se prononce sur son indépendance. La Nouvelle-Calédonie est appelée aux urnes pour un référendum. Les 174.154 électeurs néo-calédoniens devront dire oui ou non à la question suivante - dont l'intitulé a fait l'objet d'intenses discussions ces derniers mois : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" 

Une campagne très discrète

Un vote historique donc, à 16.000 km de la métropole, mais qui n’a pas tellement fait parler de lui. Les militants du oui comme du non, n’ayant donné de la voix que dans les dernières heures de la campagne. À quelques jours du scrutin, dont le résultat devrait être connu dimanche après-midi, quelques partisans de l'indépendance ont quand même donné de la voix vendredi le long des plages, agitant le drapeau kanak aux cris de "Kanaky". À la sortie de la ville, le long de la route menant vers le Nord, le drapeau kanak a également fleuri. 

Dans le camp non-indépendantiste, on n’a pas sorti le drapeau français mais des "non" tricolores ont été dessinés à la craie sur la route vers le Nord.

Trois partis défendent le NON

Au total, trois partis défendent le maintien de l’archipel dans la France : Calédonie ensemble (droite modérée), le Rassemblement LR et les Républicains calédoniens. Leurs arguments : la large autonomie déjà acquise par l'archipel, la protection de la France, le passeport européen, le système éducatif ou encore les 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles de la France.

Le souvenir colonial encore très fort et l’identité kanake au cœur de la campagne

En face, les deux courants du FLNKS (Union calédonienne et Union nationale pour l'indépendance) appellent au changement, à plus de justice et d'égalité, et font de la reconnaissance de leur peuple une question de dignité vis-à-vis d'un passé colonial traumatisant. Le référendum marque, pour eux, l'aboutissement d’un combat sanglant, plusieurs années après une quasi guerre civile entre Kanak et Caldoches (voir plus bas). Et malgré un rééquilibrage économique et social depuis les accords de Nouméa il y a trente ans, les inégalités sociales restent criantes. 

Pour tout comprendre du référendum d'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. - Visactu
Pour tout comprendre du référendum d'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. © Visactu -

Échec scolaire, chômage élevé, habitat précaire, une partie des Kanak continuent de cumuler les difficultés, et certains jeunes ont sombré dans une délinquance de plus en plus visible. Dans les deux camps, nombreux craignent que cette jeunesse désemparée ne manifeste violemment sa déception si le non l'emportait. Le Comité des sages, créé pour veiller à la sérénité du scrutin, a même appelé "à respecter le choix exprimé" et les états-majors politiques ont recommandé la discrétion à leurs militants dimanche soir.

Deux-cent-cinquante "délégués" (magistrats, fonctionnaires de préfecture ou universitaires) et des observateurs de l'ONU seront déployés dans les bureaux de vote.

La France pourrait perdre 270.000 habitants

Avec ce référendum, c’est 270.000 habitants que pourrait perdre la France. Mais surtout, la Nouvelle-Calédonie, déjà capitale pour la France en raison de ses ressources en nickel, est aussi un territoire clé pour répondre à l'hégémonie de la Chine en Océanie. "Je ne prendrai pas parti dans ce référendum", avait déclaré en mai le président de la République, lors d'une visite à Nouméa en mai dernier, soucieux de ne pas s'immiscer dans une campagne potentiellement à risques. 

Mais "la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie", avait quand même ajouté Emmanuel Macron avant de se livrer à un long exposé de sa stratégie "d'axe indo-pacifique", dans laquelle il attribue un rôle essentiel au "Caillou" qui décide dimanche de son avenir.

L'Élysée comme Matignon choisit donc de rester "neutre et strictement  neutre" jusqu'au jour de la consultation. Emmanuel Macron a toutefois prévu de s'exprimer une fois les résultats connus. Le Premier ministre Édouard Philippe sera quant à lui sur place lundi, au lendemain du scrutin, avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin, "pour rencontrer l’ensemble des forces politiques et pour évoquer avec eux les conditions de l’après-4 novembre".

Emmanuel Macron s'exprimera, lui, à 13h00 dimanche, à la télévision.

Un vote 20 ans plus tard

L'organisation de ce référendum est en fait la dernière étape du processus de décolonisation engagé par les accords de Matignon en 1988 et conclus après une décennie de violences entre groupes kanaks (populations autochtones) et caldoches (populations essentiellement d'origine européenne). Ces affrontements avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988 (25 morts au total).

Ces accords ont été suivis par celui de Nouméa en 1998, considéré comme fondateur. Il prévoyait qu'au terme d'une période de vingt ans "le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité" seraient soumis à référendum. Ce jour est arrivé.

La Nouvelle-Calédonie compte près de 270.000 habitants. - Visactu
La Nouvelle-Calédonie compte près de 270.000 habitants. © Visactu -