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Las Vegas : ce que l'on sait de la fusillade qui a fait au moins 59 morts

Par Julien Baldacchino, France Bleu lundi 2 octobre 2017 à 21:41 Mis à jour le mardi 3 octobre 2017 à 12:04

La fusillade a fait au moins 59 victimes
La fusillade a fait au moins 59 victimes © Maxppp -

Le bilan de la fusillade survenue dimanche à Las Vegas pendant un concert en plein air s'est alourdi, ce mardi matin, à 59 morts et 527 blessés, soit l'attaque la plus meurtrière que les Etats-Unis aient jamais connue.

Alors que le bilan n'est encore que provisoire, c'est d'ores et déjà l'attaque la plus meurtrière de l'histoire moderne des Etats-Unis : dimanche, au moins 59 personnes ont été tuées et 527 autres blessées dans une fusillade pendant un concert en plein air, à Las Vegas (Nevada).

Que s'est-il passé ?

Les faits sont survenus dimanche, alors que 22.000 personnes écoutaient un concert du chanteur Jason Aldean, à l'occasion d'un festival de musique en plein air, près de célèbres hôtels de Las Vegas comme le Louxor ou le MGM Grand. A 22h08, des images amateurs montrent les premiers tirs, accueillis d'abord par l'incrédulité des spectateurs puis par un mouvement de panique.

De nombreuses rafales ont été entendues par les témoins. Entre les tirs, certains spectateurs tentent de s'échapper. "On a pensé que c'était des feux d'artifice ou des pétards, on a réalisé que ce n'était pas le cas", a raconté une femme qui assistait au spectacle à la télévision américaine. Les tirs provenaient d'un hôtel surplombant la zone du concert, le Mandala Bay.

Les lieux de la fusillade - Visactu
Les lieux de la fusillade © Visactu

Quel bilan ?

Le bilan humain n'a cessé de s'aggraver pendant toute la soirée de dimanche et lundi : à l'heure actuelle, il s'élève à 59 morts et 527 blessés. Ce chiffre dépasse d'ores et déjà le dernier triste "record", celui de la boîte gay d'Orlando en juin 2016, où 49 personnes avaient été tuées.

Les tueries les plus meurtrières aux Etats-Unis - Visactu
Les tueries les plus meurtrières aux Etats-Unis © Visactu

Qui est l'auteur de cette attaque ?

Le tireur a été identifié comme étant Stephen Craig Paddock, un homme âgé de 64 ans, et qui vivait à Mesquite, 18.000 habitants, à 120 kilomètres de Las Vegas. Il est arrivé au Madalay Bay le 28 septembre et y a apporté un véritable arsenal, sans que le personnel de l'hôtel ne puisse rien remarquer : une quinzaine d'armes ont été retrouvées par la police dans sa chambre d'hôtel.

Selon le sherif de Las Vegas, l'homme s'est suicidé avant que les forces de l'ordre n'arrivent à entrer dans la chambre. Cet homme, un ancien comptable, a brisé les vitres de sa chambre à l'aide d'un outil comme un marteau pour mieux tirer.

Dans un premier temps, la police avait lancé un appel pour retrouver sa compagne. Les autorités ont finalement réussi à la joindre : elle est à l'étranger et n'est pas suspectée d'être impliquée dans la tuerie.

Les enquêteurs ont découvert 18 armes à feu supplémentaires, des explosifs et des milliers de munitions au domicile du tireur, mais pour l'instant, pas de message pouvant justifier son acte.

Quel est son mobile ?

Le mobile du tireur est encore inconnu à ce stade. Pour la police de Las Vegas, l'homme est un "loup solitaire", qui n'était pas connu des services de police. Le shérif a indiqué que "c'était une personne désespérée, qui voulait faire beaucoup de victimes".

Mais dans la journée de lundi, l'agence Amaq, organe de propagande de l'organisation terroriste Etat Islamique, a annoncé que "l'auteur de l'attaque de Las Vegas est un soldat de l'Etat Islamique", affirmant que l'homme s'était converti à l'Islam il y a quelques mois. Le communiqué assure que le tueur, surnommé "Abou Abdelberr l'Américain", avait mené "une surveillance minutieuse des rassemblements croisés" de Las Vegas.

Dans la foulée, le FBI a affirmé que pour l'instant, "aucun lien" n'a été établi "avec un groupe terroriste international". Son frère Eric, qui a témoigné à la télévision, a déclaré que Stephen Paddock n'avait "pas de convictions religieuses" connues.

Quelles réactions ?

Sans donner plus d'informations sur l'état de l'enquête, le président des Etats-Unis Donald Trump a déclaré lundi après-midi : "Notre unité ne peut pas être brisée par le mal, nos liens ne peuvent pas être défaits par la violence et, bien que nous ressentions de la colère face à l'assassinat insensé de nos compatriotes, c'est l'amour qui nous définit aujourd'hui". Quelques heures plus tard, à la Maison-Blanche, il a observé une minute de silence.

Dans la classe politique américaine, plusieurs élus, notamment démocrates, ont demandé une réaction du Congrès pour restreindre l'accès aux armes à feu : si les armes automatiques sont interdites aux Etats-Unis depuis les années 30, les semi-automatiques sont disponibles en vente libre. La présidence a répondu que le débat était pour l'heure "prématuré".