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International

Les Arméniens de Normandie commémorent le génocide de 1915 à Évreux

Souvenir et recueillement pour les Arméniens de Normandie ce mercredi à l'occasion du 104e anniversaire du génocide de 1915. Le Président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré le 24 avril journée nationale de commémoration du génocide arménien, suscitant la colère de la Turquie.

Le président et le trésorier-adjoint de l'association normande Solidarité Arménie, devant la stèle commémorative à  Évreux
Le président et le trésorier-adjoint de l'association normande Solidarité Arménie, devant la stèle commémorative à Évreux © Radio France - Laurent Philippot

Évreux, France

Depuis un an, il existe à Évreux, une stèle, unique en Normandie, qui commémore le génocide arménien de 1915. La plaque est installée juste en face des archives départementales et c'est là que la communauté arménienne de Normandie - une centaine de familles dans la région - se rassemble à l'initiative de l'ANSA, l'Association Normande Solidarité Arménie, pour commémorer ce mercredi à 11h00 le premier génocide du XXe siècle, qui a causé la mort d'au  moins 1,2 million de personnes. "Mon père avait six ans et demi, il est devenu orphelin, ma mère quelques jours" se souvient Vahram Seraidarian, "ce 24 avril, c'est quelque chose qu'on ne doit pas oublier". Le président de l'ANSA salue le geste du Président de la République, Emmanuel Macron qui a déclaré le 24 avril Journée nationale de commémoration du génocide arménien

C'est une reconnaissance que nos parents ne nous ont pas raconté de salades, on est fier de la France" - Vahram Seraidarian, président de l'ANSA

Grigor Samvelyan, le trésorier-adjoint de l'association ANSA va dans le même sens. Pour lui, cette journée de commémoration est l'expression du respect pour les anciens, "tués juste parce qu'ils étaient Arméniens, ils n'avaient rien fait". Pour Vahram Seraidarian, ce sont les chrétiens qui étaient visés, l'empire ottoman n'accordant que des droits réduits aux non-musulmans. 

Si nous on n'est pas là, les Turcs vont gagner, en disant qu'il n'y a pas eu de génocide" - Grigori Samvelyan, association ANSA

Vers la reconnaissance pour la communauté internationale ?

L'Uruguay a été le premier pays à reconnaître le génocide arménien en 1965. La France a reconnu le génocide arménien en 2001, l'Allemagne l'a fait en 2016 et il y a deux semaines, le Parlement italien a adopté une motion dans ce sens, provoquant l'ire du gouvernement d'Ankara. Le gouvernement turc ne reconnaît pas le terme "génocide" pour le peuple arménien et avance que c'est une conséquence directe de la première guerre mondiale. Récemment encore, la députée LaREM de la Manche, Sonia Krimi a fait l'objet de menaces de mort à la suite d'un incident diplomatique lors d'une réunion du parlement de l'OTAN à Antalya. Outre la Turquie, plusieurs pays, comme l'Azerbaïdjan, Israël ou le Royaume-Uni ne reconnaissent pas les massacres commis en 1915 comme étant un génocide. 

Le génocide, un poids pour la communauté arménienne

"C'est quelque chose de très très lourd pour nous", Vahram Seraidarian n'hésite pas à parler de poids pour la communauté actuelle. "On ne l'a pas vécu" dit-il, "mais on l'avait vécu à travers nos parents, et _ça nous fait mal, toute mon enfance, je n'ai entendu parler que de ça_". Les Arméniens ont payé un lourd tribu après la rafle de 600 intellectuels à Constantinople (actuelle Istanbul). Selon les sources, un million à un million de personnes a été tué, des Arméniens, mais aussi des Assyriens, des Chaldéens, des Grecs pontiques, "un nettoyage ethnique" dénonce Vahram Seraidarian qui veut malgré tout "tendre la main" à la Turquie pour avancer et permettre à la jeune génération de passer à autre chose. 

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