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Les Etats-Unis et Israël annoncent leur retrait de l'Unesco

Par Julien Baldacchino, France Bleu jeudi 12 octobre 2017 à 19:23 Mis à jour le vendredi 13 octobre 2017 à 7:39

Le siège de l'Unesco, à Paris
Le siège de l'Unesco, à Paris © AFP - Jacques Demarthon

Les Etats-Unis, rejoints par Israël, ont annoncé jeudi qu'il se retiraient de l'Unesco, l'organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, l'accusant de positions trop anti-Israéliennes. La directrice générale de l'organisation dit "regretter profondément" cette décision.

Les Etats-Unis et Israël ne feront bientôt plus partie de l'Unesco : les deux pays ont annoncé ce jeudi leur retrait de cette organisation nationale, émanation des Nations-Unis, qui oeuvre pour l'éducation, la science et la culture dans le monde. En cause, pour les États-Unis, "L'accumulation des arriérés à l'Unesco, la nécessité d'une réforme en profondeur de l'organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants", selon le Département d'Etat américain, qui assure que cette décision "n'a pas été prisé à la légère". Quelques heures après l'annonce américaine, Israël a à son tour annoncé son prochain retrait de l'institution, la qualifiant de "théâtre de l'absurde où l'on déforme l'histoire au lieu de la préserver". "Nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix", a déclaré dans un communiqué Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU.

L'Unesco "regrette profondément"

L'actuelle directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, dit "regretter profondément" la décision américaine, annoncé en premier, de même que la France, qui héberge le siège de l'organisation. Et ce même si le retrait des Etats-Unis ne sera effectif qu'en 2018, et que le pays a d'ores et déjà demandé à rester observateur. Des regrets partagés par la France, qui héberge le siège de l'Unesco, par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres qui souligne "le rôle majeur des Etats-Unis à l'Unesco depuis sa fondation" en 1946, et par Moscou qui a déploré "une triste nouvelle".

Un précédent en 1984

La situation de l'Unesco, qui élit actuellement son prochain directeur général, est tendue, notamment à cause du conflit israélo-palestinien. L'admission en 2011 de la Palestine au sein de l'organisation avait entraîné la suspension des contributions financières d'Israël et des Etats-Unis, qui équivalaient à plus de 20% du budget de l'agence. En juillet dernier, les deux pays avaient prévenu qu'ils allaient réexaminer leurs liens avec l'organisation, après que la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, a été classée "zone protégée" du patrimoine mondial.

Ce retrait n'est toutefois pas une première : en 1984, Ronald Reagan avait retiré le pays de l'Unesco, qu'il jugeait inutile et trop chère à faire fonctionner. Les Etats-Unis n'avaient réintégré l'organisation qu'en 2002.