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Les États-Unis ont tiré des missiles sur une base aérienne syrienne et menacent d'une nouvelle action

Par Géraldine Houdayer, France Bleu vendredi 7 avril 2017 à 7:25 Mis à jour le vendredi 7 avril 2017 à 20:00

Les 59 missiles ont été lancés depuis le destroyer USS Porter de la marine américaine, en mer Méditerranée.
Les 59 missiles ont été lancés depuis le destroyer USS Porter de la marine américaine, en mer Méditerranée. © AFP - Pentagone /Handout

Le président américain a annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir frappé une base aérienne du régime de Bachar al-Assad suite à l'attaque chimique de mardi en Syrie. Quatre soldats ont été tués. "Nous sommes prêts à en faire plus", a déclaré vendredi soir l'ambassadrice américaine à l'ONU.

Donald Trump a déclenché jeudi des frappes contre la Syrie en riposte à une attaque chimique présumée imputée au "dictateur Bachar al-Assad", le président américain exhortant les "nations civilisées" à faire cesser le carnage dans ce pays en guerre. Les frappes en Syrie ont quasiment détruit la base et tué quatre soldats, d'après l'organisation syrienne des droits de l'homme. Le président russe Vladimir Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une "agression contre un Etat souverain" se fondant "sur des prétextes inventés", a déclaré vendredi le Kremlin, cité par les agences de presse russes. La Russie va demander la tenue d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'Onu. Pour Jean-Marc Ayrault, cité par l'agence Reuters,le ministre français des affaires étrangères, ces frappes sont "un avertissement" et une forme de "condamnation" du "régime criminel" de Bachar al Assad. La France n'est pas partie belligérante en Syrie, a-t-il souligné, ajoutant qu'elle était seulement membre de la coalition de lutte contre l'Etat islamique.

Pour Jean-Marc Ayrault, "l'usage des armes chimiques est une "terrible réalité" et doit être puni car c'est un "crime de guerre".

La première opération militaire américaine contre le régime syrien

Ces frappes, première opération militaire des Etats-Unis contre le régime syrien, ont été menées avec "59 missiles" de croisière Tomahawk, a annoncé la Maison Blanche, précisant qu'elles avaient visé la base aérienne de Shayrat "associée au programme" d'armes chimiques de Damas et "directement liée" aux évènements "horribles" de mardi. Dans une adresse solennelle à la télévision depuis sa résidence en Floride, Donald Trump a affirmé que ces opérations étaient "dans l'intérêt vital de la sécurité nationale" des Etats-Unis. Le visage grave, le président républicain a affirmé que l'Amérique était "synonyme de justice", appelant les "nations civilisées" à mettre fin au bain de sang en Syrie, ravagée par une guerre qui a fait 320.000 morts depuis mars 2011, jeté des millions de réfugiés sur les routes et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale.

Les rebelles syriens se félicitent de l'attaque américaine

Donald Trump a accusé "le dictateur syrien Bachar al-Assad (d'avoir) lancé une horrible attaque avec des armes chimiques contre des civils innocents en utilisant un agent neurotoxique mortel".De son côté, la télévision syrienne a qualifié les frappes d'"agression", une source militaire syrienne évoquant des "pertes". La coalition de l'opposition politique syrienne, au contraire, s'en est félicitée. Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, lui aussi en Floride, a justifié l'intervention militaire lorsque des pays "franchissent la ligne", accusant la Russie, alliée de la Syrie, d'avoir manqué à ses responsabilités. D'après le Pentagone, Washington avait prévenu Moscou à l'avance. Le président Trump menaçait depuis mercredi de passer à l'action pour cette attaque "odieuse", un "affront à l'humanité". En arrivant jeudi en Floride pour recevoir son homologue chinois Xi Jinping, qu'il a personnellement informé, M. Trump avait encore dénoncé une "honte pour l'humanité" et réclamé que "quelque chose se passe".

La Russie dénonce un risque d'affaiblissement de la lutte contre le terrorisme

Mais, juste avant les frappes, la Russie avait mis en garde les Etats-Unis. A l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui débattait depuis deux jours d'une résolution de condamnation de l'attaque, l'ambassadeur russe Vladimir Safronkov avait averti des "conséquences négatives" en cas d'intervention militaire. Les frappes menées par les Etats-Unis "risquent d'affaiblir les efforts pour combattre le terrorisme", a déclaré vendredi le législateur russe Viktor Ozerov, cité par l'agence RIA. La Russie va demander la tenue d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'Onu.

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Nous sommes prêts à en faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas nécessaire"- Nikki Haley, ambassadrice américaine auprès des Nations unies

L'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, a menacé vendredi soir d'une nouvelle action militaire américaine en Syrie. "Les Etats-Unis ont pris une décision très mesurée la nuit dernière" avec la frappe sur une base aérienne syrienne, a expliqué Nikki Haley au Conseil de sécurité. "Nous sommes prêts à en faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas nécessaire."