International DOSSIER : Le référendum en Catalogne

Madrid ouvre la porte à une négociation avec les indépendantistes catalans

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon et France Bleu jeudi 10 septembre 2015 à 16:42

Drapeaux catalans (illustration)
Drapeaux catalans (illustration) © Max PPP

A la veille de la Diada, la fête nationale catalane, un ministre espagnol propose ce jeudi de donner davantage d'autonomie, notamment fiscale, à la Catalogne. Un changement radical dans la ligne du gouvernement de Madrid.

C'est un revirement dans la position du gouvernement central espagnol. Le ministre des Affaires étrangères, Jose Manuel Garcia-Margallo a ouvert jeudi la porte à une réforme de la constitution espagnole. Une réforme qui donnerait davantage d'autonomie à la Catalogne et à d'autres régions. 

"Depuis le début, le gouvernement a souhaité instaurer un dialogue pour résoudre ce problème. Et cela passe probablement par une réforme constitutionnelle et un système de financement autonome différent", car le système actuel est "injuste" avec des régions comme la Catalogne, a déclaré Jose Manuel Garcia-Margallo, réputé pour son franc-parler.

Une prise de position alors que des milliers d'indépendantistes sont attendus ce vendredi dans les rues de Barcelone, à l'occasion de la Diada, la fête nationale catalane. Avec dans le viseur les élections régionales du 27 septembre, où la coalition indépendantiste obtiendrait la majorité absolue.

"Une réforme de la Constitution est tout à fait possible, viable et souhaitable." (Le ministre espagnol des Affaires étrangères)

José Manuel Garcia-Margallo s'exprimait lors d'un colloque devant un parterre d'hommes d'affaires et politiciens à Barcelone. "Une réforme de la Constitution est tout à fait possible, viable et souhaitable", a-t-il ajouté, en estimant que celle-ci pourrait inclure le respect de la langue catalane et l'amélioration du système de financement.

En la matière, il a ainsi évoqué la cession aux régions d'une "gestion partielle de l'impôt sur le revenu, des taxes sur le tabac et l'alcool, et d'autres taxes". L'impôt sur les sociétés, la TVA, et le reste de l'impôt sur le revenu reviendraient à l'Etat a précisé le ministre, semblant égréner un projet précis.

Le sujet est particulièrement sensible en Catalogne, où la cause indépendantiste tire notamment ses arguments d'une présumée injustice fiscale, beaucoup de Catalans estimant que leur région verse trop d'argent à l'Etat espagnol, plus qu'elle n'en reçoit en investissements et financements.