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International

À Malte, des migrants maltraités sur le tournage d'un film italien

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Par , France Bleu

Employés comme figurants sur un film italien, une soixantaine de migrants africains ont été victime de mauvais traitements sur le tournage, révèle le principal journal de l'île. Ils auraient notamment été laissés six heures sur un bateau en plein soleil, sans pause pour boire ou aller aux toilettes.

Des migrants secourus en mer, le 5 juillet dernier (image d'illustration).
Des migrants secourus en mer, le 5 juillet dernier (image d'illustration). © AFP - Fabian Heinz/sea-eye.org

Un dramatique et traumatisant retour en arrière. Voilà ce qu'on apparemment vécu une soixantaine de migrants sur le tournage d'un film italien, dans les eaux de Malte. Jeudi, le principal quotidien de l'île, le Times of Malta, révélait sur son site internet les conditions humiliantes et dégradantes de ce tournage, que les producteurs du film démentent.

Les bouchons d'oreilles des enfants retirés pour des scènes de fusillades "plus réalistes"

Pour le tournage de "Tolo Tolo", réalisé par le comique italien Checco Zalone, environ 70 migrants africains qui vivent à Malte, dont quatre enfants, ont été recrutés pour faire de la figuration. Mais selon des membres de l'équipe de tournage, interrogés par le journal, 60 migrants, dont la plupart ne savaient pas nager, ont été laissés pendant six heures sur un bateau en plein soleil, sans possibilité de faire des pauses pour aller aux toilettes, boire ou se rafraîchir. 

Des enfants auraient fondu en larmes après s'être vus retirer leurs bouchons d'oreilles sur des scènes de fusillade. Un responsable de la production aurait avoué vouloir "leur foutre une trouille bleue" en faisant revivre à certains leur passé, afin de rendre les scènes plus réalistes, a assuré le journal. A un moment, une femme enceinte a commencé à paniquer, ce qui a obligé l'équipe à la ramener sur la rive.

Les figurants traités "d'idiots" et de "crasseux" par la production 

"Leur vie était en danger", a assuré un membre du tournage au Times of Malta. Selon plusieurs membres de l'équipe, le climat sur les lieux du tournage était très tendu, marqué par ces mauvais traitements à l'égard des figurants, traités d'"idiots" et "crasseux" par un responsable de la production. Au moins quatre membres du tournage ont démissionné après l'incident.

Les producteurs démentent tout mauvais traitement 

La société de production maltaise Halo Pictures, qui coordonne le tournage à Malte, a démenti tout mauvais traitement. Elle assure que les conditions de tournage respectaient la législation locale et que tous les contrôles sanitaires et de sécurité avaient été effectués.

Une enquête ouverte 

Les producteurs italiens ont fustigé des accusations "arrivant de nulle part". Le producteur du film, attendu dans les salles en janvier 2020, Pietro Valsecchi de la société Taodue, a dit être "tombé des nues". "Il s'agit clairement d'un coup monté par une personne qui a été chassée du tournage", a-t-il dit, cité dans les médias italiens.  Le centre de cinéma maltais Malta Film Commission, qui encourage les tournages dans l'archipel, a annoncé avoir lancé une enquête.