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International

Migrants : Paris et Berlin appellent à avancer sans attendre un consensus européen

lundi 25 juin 2018 à 8:22 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Réunis pour un mini-sommet sur les migrations à Bruxelles, les dirigeants de 16 pays européens ne sont pas parvenus à un accord global ce week-end. La France et l'Allemagne appellent à des accords entre pays, à deux ou trois nations. L'idée de plateformes d'accueil avant l'arrivée en Europe avance.

Les bénévoles de l'ONG SOS Mediterranée secourent des migrants en mer, début juin.
Les bénévoles de l'ONG SOS Mediterranée secourent des migrants en mer, début juin. © AFP - Karpov/SOS MEDITERRANEE

La France et l'Allemagne appellent à des accords à plusieurs pays sur les défis migratoires,  pour contourner l'absence de consensus qui paralyse l'Union européenne sur ce problème. Alors qu'ils étaient réunis dimanche à Bruxelles pour un mini-sommet visant à apaiser le climat de tension face aux questions migratoires, les dirigeants de 16 pays ne sont pas parvenus à un accord, et le bras de fer en Méditerranée entre les ONG humanitaires et le gouvernement italien s'est poursuivi. 

Une réunion sans solutions concrète mais "utile" pour Macron 

La "réunion informelle" de dimanche à Bruxelles n'a pas débouché sur des mesures concrètes, mais elle a été "utile", a estimé à son issue Emmanuel Macron. Elle a notamment "permis d'écarter des solutions pas conformes à nos valeurs, comme les stratégies de refoulement", a déclaré le président français, qui plaide pour une "solution européenne". Cette solution "se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres de l'UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble", a-t-il ajouté, faisant écho aux déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous sommes tous d'accord pour réduire la migration irrégulière, pour protéger nos frontières", a déclaré Mme Merkel. Mais quand un consensus n'est pas possible, "nous voulons réunir ceux qui sont volontaires pour trouver un cadre commun d'action", a ajouté la chancelière.

Des accords à deux ou trois pays ? 

Angela Merkel avait évoqué plus tôt la nécessité de trouver des "accords bilatéraux ou trilatéraux dans l'intérêt mutuel", en partant du principe que le sommet à 28 programmé les 28-29 juin à Bruxelles, "n'apportera pas encore de solution globale au problème des migrations".  Angela Merkel et Emmanuel Macron ont notamment mis l'accent sur la nécessité de résoudre le problème des "mouvements secondaires", c'est-à-dire des demandeurs d'asile qui se déplacent dans l'UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l'attente d'une décision sur leur cas.  C'est pour y mettre fin que le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer menace d'instaurer un refoulement unilatéral aux frontières des migrants, contre l'avis de la chancelière.

Des sanctions financières contre les pays n'accueillant pas de réfugiés ? 

Le Premier ministre du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte s'est dit "très satisfait" à l'issue de la rencontre, lors de laquelle il a exposé ses propositions. Selon un document vu par l'AFP, Rome a notamment appelé à "dépasser" le principe du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile, et dont la réforme est au point mort depuis plus de deux ans.  L'Italie demande aussi dans son texte des "sanctions financières" contre les pays n'accueillant pas de réfugiés, comme l'a également souhaité M. Macron la veille.

Des centres d'accueil avant l'arrivée en Europe ? 

Le Premier ministre belge Charles Michel a, lui, évoqué l'idée de créer des "centres d'orientation ou des hotspots", en référence aux idées encore floues de créer des "plateformes de débarquement" des migrants secourus en mer, y compris hors de l'UE (le nom de la Tunisie est souvent cité), et des centres d'accueil de migrants dans les pays de transit. Ces projets en gestation visent à pouvoir distinguer en amont, avant les périlleuses traversées de la Méditerranée, quels migrants sont effectivement éligibles au droit d'asile et à décourager les autres de tenter le périple.

Un nouveau navire de migrants bloqué en Méditerranée 

Un navire de l'ONG allemande Lifeline a été bloqué au large de Malte avec 239 migrants à son bord, l'Italie puis Malte lui ayant refusé l'accostage. Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a sommé les ONG internationales de se tenir à l'écart des opérations de secours de migrants, et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche. "Les ports italiens sont et seront fermés à ceux qui aident les trafiquants d'être humains", a-t-il souligné. Dans la soirée, M. Salvini a annoncé que les garde-côtes libyens avaient recueilli en mer et ramené en Libye plus de 820 migrants dans la journée de dimanche.