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Montreuil fête le retour de Moussa, jeune humanitaire retenu 7 mois au Bangladesh

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région et France Bleu jeudi 11 août 2016 à 4:00

Moussa Ybn YAcoub et le maire de Montreuil, Patrice Bessac, mercredi 10 août
Moussa Ybn YAcoub et le maire de Montreuil, Patrice Bessac, mercredi 10 août © Radio France - Rémi Brancato

Montreuil a fêté ce mercredi soir le retour de Moussa Ybn Yacoub, ce jeune humanitaire français retenu au Bangladesh depuis décembre pour "activités suspectes". Les charges à son encontre ont été abandonnées le 24 juillet. Plus de 200 personnes sont venus l'applaudir.

"Moussa, Moussa, Moussa Moussa!" Il a été accueilli en véritable rock-star, ce mercredi soir, devant l'hôtel de ville de Montreuil. Moussa Ybn Yacoub, de son vrai nom Maxime Puemo Tchantchuing est de retour dans sa ville, après 7 mois passés au Bangladesh. D'abord arrêté fin décembre et emprisonné 70 jours, il était soupçonné d'activités suspectes, car son nom de converti à l'islam, Moussa, utilisé par son ONG, Baraka City, n'était pas le même que son nom à l'état civil. Il est de retour depuis dimanche soir dans son pays, les charges à son encontre ayant été abandonnées le 24 juillet dernier.

Moussa a été accueilli par une foule de plus de 200 personnes, à Montreuil. Rémi Brancato

"Merci à tous, vous avez été exceptionnels", a-t-il lâché devant la foule, pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour sa libération.  Il est avant tout revenu sur son combat, la défense des Rohingyas, cette minorité musulmane, qu'il était venu aider au Bangladesh. "Aujourd'hui, quand on pense Moussa, on pense Rohingyas, et ça c'est une première victoire", assure le jeune homme."Soutenir Moussa, n'était pas une question d'étiquette politique ni de religion, c'était une question de droit humain fondamental", a dit pour sa part le maire de Montreuil Patrice Bessac (PCF).

Moussa, "l'exemple anti-Daech dont beaucoup de jeunes ont besoin"

Son association, fondée en 2010, Baraka City, avait suscité la polémique. Son fondateur avait notamment assuré en janvier, qu'il ne serrait pas la main aux femmes, sur un plateau de télévision. Interrogé à ce sujet, Moussa Ybn Yacoub a laissé libre de ses propos le dirigeant de son ONG, ajoutant : "il y a eu des maladresses, il s'est déplacé pour parler de ma cause, et on l'a oublié" a-t-il regretté.

Moussa est revenu sur la faiblesse de la mobilisation politique, au lendemain de son arrestation au Bangladesh.

Le jeune humanitaire musulman ne s'est pas attardé sur la faiblesse des soutiens politiques, tout de suite après son arrestation, dans une France en état d'urgence et après le 13 novembre. "Il y a eu directement des jugements de fond, sans essayer de comprendre qui était Baraka City et qui était Moussa, mais après ce que je retiens, c'est qu'il y aeu plus de 400 000 personnes qui ont signé [la pétition, ndlr]" a estimé le jeune humanitaire.

Son avocat, Hosni Maati, a tenu a précisé que Moussa est "l'exemple anti Daech dont beaucoup de jeunes ont besoin", insistant sur son engagement humanitaire débuté à Montreuil "auprès des Roms, auprès des SDF". Le jeune homme est d'ailleurs allé salué, après la cérémonie, une quarantaine de Roms, expulsés il y a deux semaines du bâtiment qu'ils occupaient à Montreuil depuis des années, et qui manifestaient ce mercredi soir devant la mairie.

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