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International

"Paradise Papers" : comment a été menée l'enquête

lundi 6 novembre 2017 à 11:06 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Dix-huit mois après les "Panama Papers" portant sur la fraude fiscale, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), a commencé à dévoiler les "Paradise Papers" ce dimanche. L'enquête a mobilisé plus de 380 journalistes dans 67 pays.

L’enquête, coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), repose sur plus de 13 millions de documents issus de trois sources.
L’enquête, coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), repose sur plus de 13 millions de documents issus de trois sources. © Maxppp - Jean-François FREY

La reine Elisabeth II, le premier ministre canadien Justin Trudeau, ou encore des proches du président américain Donald Trump : ce sont quelques - unes des personnalités citées dans la nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), les "Paradise Papers". Près de 400 journalistes ont enquêté durant un an, dans le plus grand secret, pour mettre à jour ce vaste système d’optimisation, à la limite de la légalité, permettant à de grandes fortunes et des multinationales d’échapper à l’impôt.

Le point de départ

Comme pour les "Panama Papers", cette enquête s'appuie sur une fuite (« leak » en anglais) de documents transmis par une source anonyme au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung à la fin de l'année 2016. Bénéficiant d’un accès privilégié aux documents internes de deux cabinets-conseil en investissements offshores et optimisation fiscale, la source communique un ensemble de fichiers informatiques contenant une immense quantité de données : 13,5 millions de fichiers.

Qui a mené l’enquête?

Face à l’ampleur de la tâche, le Süddeutsche Zeitung se rapproche du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), déjà pilote dans les Panama Papers. Durant un an, plus de 380 journalistes, répartis dans 67 pays, et travaillant pour 95 médias partenaires, dont Radio France, épluchent les documents issus pour moitié du cabinet-conseil britannique Appleby, installé aux Bermudes. Tout cela dans le plus grand secret.

"Nos proches, y compris dans nos propres familles, n'ont pas su pendant un an sur quoi nous étions en train de travailler" explique Jacques Monin, directeur de la cellule investigation de Radio France. Pour éviter toute fuite d'informations, un nom de code est attribué à l’enquête : le projet "Athéna".

Tous les participants communiquent via une plateforme sécurisée, toutes les correspondances sont cryptées. "Cela allait très loin" raconte Jacques Monin "lorsque nous nous sommes réunis - 130 journalistes - à Munich pour parler du projet, il y avait des éléments de langage qui nous étaient donnés pour répondre aux chauffeurs de taxis qui nous poseraient des questions".

Un an d'investigation

Les participants impliqués dans le projet se rencontrent pour la première fois les 27 et 28 mars 2017 à Munich, dans les locaux du Süddeutsche Zeitung. Ensemble, journalistes et développeurs dressent un était des lieux : la complexité des données et la diversité de leur structure (milliers de mails, documents PDF, tableurs Excel, Lettres au format Word, présentations PowerPoint, etc.) dépassent toutes les enquêtes précédentes.

C'est au cours de cette réunion qu'est décidée la mise au point d’outils de data-visualisation ainsi que la date de publication. Des plateformes sécurisées sont conçues spécialement pour explorer les documents, et mettre en évidence les connexions entre personnalités ainsi que les réseaux d’intérêt.

Elisabeth II, l'entourage de Donald Trump et de Justin Trudeau éclaboussés

L'enquête révèle notamment les structures complexes utilisées par 120 personnalités pour soustraire plusieurs millions d'euros au fisc.La famille royale britannique, l’entourage du président américain, Donald Trump, et celui du Premier ministre canadien, Justin Trudeau sont concernés par ces révélations.

Des documents démontrent que la reine d’Angleterre a détenu — et détient encore — des intérêts dans plusieurs fonds d’investissement dans des paradis fiscaux. D'autres prouvent que le secrétaire d’Etat au commerce américain, Wilbur Ross, a secrètement conservé des sociétés établies dans des paradis fiscaux, dont certaines sont en relation étroite avec des groupes russes appartenant à des oligarques. Les "Paradise Papers" révèlent aussi que l’un des plus proches conseillers du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a des intérêts dans une structure des îles Caïmans.

La publication

Fin mai, le nom "Paradise Papers" est retenu. La dernière étape, le recoupement des informations, est lancée deux mois avant la publication. Les experts ainsi que les personnes et entreprises mises en cause sont contactés, toujours dans le plus grand secret. L’enquête sort le même jour, au même instant, dans tous les pays partenaires : le dimanche 5 novembre à 19h, heure française. Priorité est donnée aux gros clients d’Appleby et aux hommes politiques, notamment l’entourage de Donald Trump.

« Paradise Papers » : l’optimisation fiscale des plus fortunés dévoilée - Visactu
« Paradise Papers » : l’optimisation fiscale des plus fortunés dévoilée © Visactu