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International

Paradise papers : le cinéaste Jean-Jacques Annaud aurait caché 1,2 millions d'euros au fisc français

mercredi 8 novembre 2017 à 11:01 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le cinéaste Jean-Jacques Annaud aurait caché une partie de son patrimoine, notamment les revenus du film "Sept ans au Tibet", au fisc français, via un fonds basé aux Îles Caïmans, révèle ce mercredi l'enquête des Paradise papers, qui porte sur les pratiques d'optimisation fiscale.

Jean-Jacques Annaud lors de la présentation de son film "Le dernier loup" à Madrid,en 2015.
Jean-Jacques Annaud lors de la présentation de son film "Le dernier loup" à Madrid,en 2015. © Maxppp - Chema Moya

Après la reine d’Angleterre, le coureur automobile Lewis Hamilton ou les entreprises Nike, Dassault Aviation, Whirpool et Total, c'est le cinéaste français Jean-Jacques Annaud qui est épinglé par l'enquête des Paradise papers, révèle franceinfo ce mercredi. Cette enquête, pilotée par le consortium international des journalistes d'investigation et à laquelle participe la cellule Investigation de Radio France, met en lumière les circuits d'optimisation fiscale et l'argent caché des paradis fiscaux.

Une société créée aux îles Caïmans pour abriter les bénéfices de "Sept ans au Tibet"

Ce mercredi matin, c’est donc le cinéaste Jean-Jacques Annaud qui est au centre des révélations. Depuis vingt ans, il aurait soustrait au fisc une partie de son patrimoine via un trust aux Iles Caïmans créé en 1997 pour abriter des revenus du film Sept ans au Tibet. À peine dix jours avant la sortie du film Sept ans au Tibet aux États-Unis en septembre 1997, Jean-Jacques Annaud crée un trust aux Iles Caïmans, sachant que ce type de structure permet d’établir un écran entre le détenteur du patrimoine et ce patrimoine. Des fonds sont alors versés en provenance d’une société immatriculée aux Iles Vierges britanniques et dont le nom, Uspallata, est celui du petit village des Andes argentines où Jean-Jacques Annaud a tourné son film.

Plusieurs comptes à cinq chiffres dans une banque américaine

C’est en 2006 que Jean-Jacques Annaud se tourne vers le cabinet Appleby, dont les documents des Paradise papers sont issus. D’après ces documents, le trust Uspallata renferme alors 1,48 million de dollars, soit plus d’1,2 million d’euros. Dans les documents, on apprend aussi que Jean-Jacques Annaud détient plusieurs comptes à cinq chiffres à la banque américaine City National Bank depuis 1996. Épisode suivant, en 2015, le réalisateur rapatrie plus d’un million d’euros dans une nouvelle société à Hong Kong, autre destination offshore avec de solides avantages fiscaux. Dans la foulée, le cabinet Appleby entreprend la liquidation du trust aux Iles Caïmans.

Mis au courant de l'enquête des journalistes, le cinéaste a contacté le fisc

Jean-Jacques Annaud, informé de l'enquête journalistique, a mandaté un cabinet d'avocats fiscalistes parisien qui a alors immédiatement contacté la cellule de régularisation de Bercy. Le cinéaste n’avait en effet jamais déclaré au fisc français ses avoirs dans des paradis fiscaux. Selon ses conseillers, il ne maîtriserait pas les arcanes de la fiscalité. Des cabinets anglo-saxons l'auraient encouragé à créer ce trust. Maître Eric Delloye, l'avocat du cinéaste, a expliqué sur franceinfo ce mercredi que "Jean-Jacques Annaud est un assez bon cinéaste, mais n'est pas un excellent fiscaliste" et n'a "pas une maîtrise parfaite des tenants et des aboutissants de tous ces sujets-là".