International

Pas de pompiers girondins au Népal : "Ça ne sert à rien d'y aller pour rester bloqués sur le tarmac"

France Bleu Gironde lundi 27 avril 2015 à 15:26 Mis à jour le mardi 28 avril 2015 à 8:24

Sept étudiantes de Bordeaux ont travaillé dans une école de Dulikhel, à 30 km de Katmandou
Sept étudiantes de Bordeaux ont travaillé dans une école de Dulikhel, à 30 km de Katmandou © Radio France

Samedi, le toit du monde s'est effondré. Le séisme qui a frappé le Népal a déjà fait au moins 4.300 morts, 8.000 blessés et anéanti tout un patrimoine. Le Quai d'Orsay est toujours sans nouvelles de plus de 600 Français. Les secours s'organisent mais font face aux difficultés d'accès.

Un avion gros porteur français est parti mardi au Népal pour y apporter une aide de première urgence à la population. Selon le ministère des Affaires étrangères, "une trentaine de secouristes" supplémentaires sont à bord de cet avion, qui acheminera également plusieurs dizaines de personnels des ONG.

Par ailleurs, 40 tonnes d'aide humanitaire, notamment des générateurs électriques, des tentes, des médicaments, du matériel chirurgical et des suppléments nutritionnels seront envoyés d'ici mercredi soir par un vol spécial qui va emporter également du fret des ONG. Huit millions de personnes sont touchées et plus de 1,4 million de personnes ont besoin de nourriture, la population manquant également d'eau et d'abri.

Il n'y a pas de pompiers girondins parmi les secouristes dépêchés sur place. Étienne Barthélémy, pompier à Bruges, préside l'antenne départementale des Pompiers Solidaires, délagation qui est déjà partie en Serbie et aux Philippines lors du typhon Hayan. Il explique que les difficultés d'accès aux zones les plus sinistrées annihilent dans l'immédiat toute utilité des renforts humains envoyés au Népal.

"Si c'est pour rester bloqués quatre jours sur le tarmac, ça ne sert à rien d'envoyer des secouristes, il faut se raisonner."

Un pays pauvre aux infrastructures peu développées

Chaque année 800.000 étrangers visitent le Népal, essentiellement pour l'alpinisme ou le trekking. Mais beaucoup de projets solidaires voient également le jour dans ce pays.

Parmi eux, sept étudiantes en psychomotricité à l'Université de Bordeaux. L'été dernier, avec l'association étudiante Karavan Bordelaise, elles sont parties un mois pour participer à un projet de solidarité internationale dans une école de Dulikhel, à trente kilomètres à l'est de Katmandou. L'une d'elles, Marion Lafitte, a pu joindre via Facebook le directeur de cette école qui lui a envoyé quelques photos. Le village ne semble pas trop touché par le tremblement de terre comparé à la capitale.

"J'ai eu des nouvelles du village de Dulikhel!"

Autre expérience, celle de Juliette Charpentier, 22 ans. Après avoir passé son bac au lycée Camille Jullian de Bordeaux, elle étudie à BioForce à Lyon, une école spécialisée dans l'humanitaire. Il y a trois ans, elle a passé cinq semaines aux côtés des sherpas népalais dans l'Himalaya pour accompagner de jeunes handicapés.

"Les axes de circulation sont de petites routes de pierre où parfois il faut descendre du bus pour le pousser." — Juliette, une jeune Bordelaise partie au Népal

"Il ne faut pas que les secours se marchent dessus, comme pour le tsunami"

Quelque 1.500 Français ont été comptabilisés sains et sauf, deux figurent parmi les victimes, un couple tué dans un éboulement à Katmandou. Le Ministère des Affaires étrangères recherche encore un peu plus de 600 ressortissants. Le syndicat des tour-opérateurs français recommande de suspendre les départs jusqu'à fin mai. 

"Toutes les équipes sont bloquées sur les aéroports"