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International

Pourquoi Emmanuel Macron va-t-il au Vatican rencontrer le pape ce mardi ?

lundi 25 juin 2018 à 20:43 - Mis à jour le mardi 26 juin 2018 à 12:08 Par Germain Arrigoni, France Bleu

Crise migratoire, chrétiens d'Orient, changement climatique, "chanoine d'honneur"... Emmanuel Macron a été reçu ce mardi par le pape François, avec lequel il a abordé plusieurs sujets brûlants, sur fond de détente dans les relations entre les catholiques et le sommet de l'Etat.

Emmanuel Macron avec le pape, ce mardi au Vatican.
Emmanuel Macron avec le pape, ce mardi au Vatican. © AFP - Alessandra Tarantino

Emmanuel Macron allait-t-il au Vatican pour"réparer" le lien entre l'Église et l'Etat qui "s'est abîmé", comme il l'avait déclaré dans un discours devant la Conférence des évêques en avril dernier ?

Un entretien de 57 minutes, un record pour un chef d'Etat  

Le président de la République a en tout cas rencontré ce mardi matin le pape François pour un premier entretien, d'une longueur "inédite" 57 minutes, un record pour un chef d'Etat reçu par le souverain pontife. Le précédent record était détenu par le président américain Barack Obama, qui avait été reçu durant 52 minutes. D'après franceinfo, le président français a offert au pape une édition originale de 1949 en langue italienne du "Journal d'un curé de campagne", un roman de Georges Bernanos.

Le chef de l'Etat français est accompagné par son épouse Brigitte, des ministres Gérard Collomb (Intérieur et Cultes) et Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères).

Il doit également s'entretenir avec le cardinal, secrétaire d'Etat Monseigneur Pietro Parolin, également présent à un déjeuner à la villa Bonaparte, le siège de l'ambassade de France au Vatican, avant une rencontre avec la communauté française et une conférence de presse. 

Question migratoire à l'ordre du jour

Un an après leur premier entretien téléphonique, Emmanuel Macron avait "à coeur de présenter au pape son approche transversale" sur la question migratoire, avait souligné l'Elysée, et devait insister sur l'importance d'améliorer la réponse européenne, à quelques jours d'un Conseil européen qui s'annonce houleux.

Le pape, qui avait réservé l'un de ses premiers déplacements en 2013 à l'île italienne de Lampedusa, où il avait fustigé "l'indifférence" du monde à l'égard de migrants, n'a pas mâché ses mots ses cinq dernières années sur la gestion européenne des flux de migrants traversant la Méditerranée.  Dans une interview à Reuters la semaine dernière, François a notamment mis en garde l'Europe contre un "hiver démographique" si le continent se fermait aux migrants et dénoncé les "psychoses" alimentées selon lui par les populistes.    

La question des Chrétiens d'Orient, qui sera au coeur d'une mission qu'Emmanuel Macron entend lancer dans les prochains jours et qui devrait déboucher sur un rapport dans trois mois, sera également abordée.  

L'aide au développement et le réchauffement climatique pourraient aussi être évoqués, selon l'Elysée. Il est moins probable que la conversation s'étende à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, promesse de campagne du candidat Macron peu populaire dans l'Eglise.   

Il devrait profiter de son audience au Saint-Siège pour inviter le pape en France, comme l'avait fait son prédécesseur, en vain. 

Emmanuel Macron, "chanoine d'honneur"  

Après cette audience au Vatican, le président de la République se rendra dans l'après-midi à Saint-Jean-de-Latran pour recevoir son titre de "chanoine d'honneur" de cette basilique qui est la cathédrale de l'évêque de Rome, donc du pape.  Cette distinction symbolique revient automatiquement au chef de l'Etat français, tradition qui remonte au roi Henri IV, même si le gaulliste Georges Pompidou et les socialistes François Mitterrand et François Hollande ne sont pas venus en prendre possession.   

"Il n'y a aucune dimension spirituelle. On peut choisir de la recevoir ou pas, ici le choix a été fait d'aller jusqu'au bout. Il n'y a pas d'enjeu de laïcité", glisse-t-on à L'Elysée, anticipant les critiques des défenseurs d'une stricte séparation entre les religions et la sphère publique. 

En 2007, Nicolas Sarkozy avait saisi l'occasion pour prononcer une allocution faisant l'éloge du "curé" ou du "pasteur" par rapport à "l'instituteur" dans la "transmission des valeurs", suscitant une polémique à gauche.  Pas de "discours du Latran" à l'agenda d'Emmanuel Macron, qui s'est déjà longuement exprimé, le 9 avril, au collège des Bernardins à Paris. La gauche avait critiqué une atteinte à la laïcité dans ce "discours des Bernardins", a contrario bien reçu dans les rangs de l'Eglise.  

Emmanuel Macron "a dit à maintes reprises qu'il était agnostique, il revendique sa formation jésuite, il revendique d'avoir été baptisé à 12 ans mais il revendique aussi aujourd'hui d'être en marge de l'Eglise".

On compte en France quelque 40 millions de baptisés mais à peine 2% des Français vont à la messe chaque dimanche.

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Chiffres basés sur les dernières études disponibles (IFOP) © Visactu -