Passer au contenu

Le média
de la vie locale

Publicité
Logo France Bleu

Projet Pegasus : Emmanuel Macron et des membres du gouvernement parmi les cibles du Maroc

Par

Les révélations se poursuivent au sujet du projet Pegasus, ce logiciel espion utilisés par certains Etats. Ce mardi, la cellule investigation de Radio France et 15 autres médias révèlent qu'Emmanuel Macron et certains ministres faisaient partie des cibles du Maroc.

L'un des téléphones d'Emmanuel Macron faisait partie des cibles du Maroc [photo d'illustration]. L'un des téléphones d'Emmanuel Macron faisait partie des cibles du Maroc [photo d'illustration].
L'un des téléphones d'Emmanuel Macron faisait partie des cibles du Maroc [photo d'illustration]. © AFP - JOHN THYS / POOL

Rabat a sélectionné le numéro d'Emmanuel Macron en 2019 pour une possible infection de son téléphone avec le logiciel Pegasus , selon les nouvelles révélations de Forbidden Stories et de ses 16 partenaires, dont la cellule investigation de Radio France. Selon nos informations, en mars 2019, une agence de renseignement du Maroc, cliente de la société NSO et utilisatrice de son redoutable outil d’espionnage Pegasus a entré l’un des numéros du chef de l’État français dans son logiciel espion. Un numéro qui, même s'il avait "fuité" entre les deux tours de la présidentielle de 2017 avec les "Macronleaks" continuait à être utilisé par Emmanuel Macron une fois à l'Elysée, comme on pu le confirmer nos confrères du Monde. 

Publicité
Logo France Bleu

Emmanuel Macron possède plusieurs téléphones, sur lesquels il a installé des applications de messageries comme Telegram, pour échanger avec ses proches ou des journalistes. A-t-il commis une imprudence en n’écoutant pas suffisamment les recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) ou de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui préconisent au chef de l’État de privilégier la ligne ultra sécurisée des téléphones Teorem ou Cryptosmart de l’Elysée pour communiquer ? Sans doute. Le Maroc est-il parvenu à infecter l’un des portables du président français ? Impossible de le savoir, car les journalistes du consortium de médias n'ont pas fait expertiser le téléphone du président dont le numéro a été sélectionné par le Maroc en vue d’une potentielle infection par Pegasus.

Plusieurs numéros appartenant à des membres de l’entourage d’Emmanuel Macron ont aussi été sélectionnés comme cibles potentielles par les services marocains : son conseiller Afrique, Franck Paris, dans le courant de l’année 2019, et son ancien chef de la sécurité, Alexandre Benalla, dont le numéro a été sélectionné par Rabat après son départ de l’Elysée, mais aussi avant la révélation par Le Monde, en juillet 2018, de l’affaire de "la Contrescarpe". On peut donc légitimement penser que c’est en tant que chef de la sécurité du président qu’il aurait pu être ciblé. Selon nos informations, Alexandre Benalla aurait fait "tester" son téléphone en janvier 2020, après un voyage au Maroc, et y aurait détecté la présence d’un logiciel espion. L’intéressé n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Édouard Philippe, François de Rugy... : des ministres français également pris pour cible

Les numéros de téléphone d’une quinzaine de ministres, dont Édouard Philippe ou François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, ont également été sélectionnés en vue d’une possible infection de leur smartphone par le logiciel espion Pegasus. L’association Forbidden Stories a eu accès à une liste d’environ 50.000 numéros qui auraient pu être utilisés par des clients du fabricant de Pegasus. Après réflexion, François de Rugy a accepté de confier son iPhone aux confrères du Monde pour qu’il soit analysé par le Security Lab d’Amnesty International. Les informaticiens ont alors découvert que l’iPhone avait bien été visé, à trois reprises, par Pegasus

En fait, les numéros de presque tous les ministres qui composaient le gouvernement d'Edouard Philippe en 2019, tout comme celui du président Macron, figuraient dans la fuite de données à laquelle a eu accès le consortium de journalistes. 

Quand est-il des autres membres du gouvernement de l’époque? Ont-il été visés et espionnés ? Si les journalistes d'investigation n'ont pas eu la possibilité technique de le vérifier, la liste des numéros sélectionnés comme cibles par le Maroc est impressionnante. On y trouve le Premier ministre de l’époque Édouard Philippe, ainsi que son épouse, l’une de ses assistantes et son conseiller Gilles Boyer ; le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ; la garde des Sceaux Nicole Belloubet ; le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ; le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais aussi ceux de l’Éducation (Jean-Michel Blanquer), de l’Agriculture (Didier Guillaume), du Budget (Gérald Darmanin), de la Cohésion territoriale (Jacqueline Gourault), des relations avec le Parlement (Marc Fesneau), des Outre-mer (Annick Girardin), de la Culture (Franck Riester), du Logement (Julien Denormandie), des Collectivités territoriales (Sébastien Lecornu).

De nombreuses personnalités françaises sur la liste

La curiosité de Rabat à l’égard de la classe politique française semble être sans limites, puisque le client de NSO a entré les numéros d’un grand nombre de personnalités allant de l’extrême gauche à l’extrême droite. Difficile de tous les citer : le député insoumis Adrien Quatennens, l’ancien candidat à la présidentielle Olivier Besancenot, l’ex-ministre de François Hollande Myriam El Khomri, le parlementaire de la majorité Cédric Villani, mais aussi Gilles Le Gendre lorsqu’il était le patron des députés LREM en 2019, les anciens ministres Emmanuelle Wargon et Philippe Martin, François Bayrou, l’ancien cadre du Rassemblement national Jean Messiha, le député européen RN (et beau-frère de Marine Le Pen) Philippe Olivier. 

Au-delà de la classe politique, les numéros d’autres personnalités françaises de premier plan ont été sélectionnés par le Maroc en vue d’un possible espionnage. C’est le cas du recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, mais aussi de l’ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (ex DGSI), Bernard Squarcini. Joint par la cellule investigation de Radio France, ce dernier indique ne pas comprendre en quoi il aurait pu intéresser ce pays.

Ma France : Économies d’énergie

Hausse généralisée du coût de la vie, risque de pénurie d’électricité ou de gaz, phénomènes climatiques extrêmes : ces crises bouleversent nos quotidiens, transforment nos modes de vie, nous poussent à dessiner les contours d’horizons nouveaux. Pour répondre à ces défis, France Bleu et Make.org lancent une grande consultation citoyenne autour des économies d’énergie. Prenez position sur ces solutions & proposez les vôtres !

L'info en continu

Publicité
Logo France Bleu