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Trois questions pour comprendre ce qu'il se passe en Iran

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Par , France Bleu

Emmanuel Macron a exprimé ce mardi sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" qui secouent l'Iran depuis le jeudi 28 décembre. Au moins 21 personnes ont été tuées dans des violences liées à ces rassemblements contre le pouvoir en place.

Le président iranien Hassan Rohani en août 2017.
Le président iranien Hassan Rohani en août 2017. © Maxppp - ABEDIN TAHERKENAREH

Au moins 21 morts, des manifestations dans plusieurs villes du pays, l'accès aux réseaux sociaux restreint : l'Iran est le théâtre depuis le jeudi 28 décembre de violentes protestations contre les difficultés économiques et le régime. Ces rassemblements sont les plus importants depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, en 2009.

Qui manifeste?

C'est à Machhad, deuxième ville du pays (nord-est), qu'ont débuté les manifestations jeudi 28 décembre. Des centaines de personnes sont descendues dans la rue en scandant des slogans contre la corruption, la hausse des prix, le chômage et le gouvernement. Le mouvement s’est rapidement étendu à une quarantaine de villes, dont Téhéran. 

Sur des images diffusées par les médias iraniens et les réseaux sociaux, on voit des manifestants attaquer et parfois incendier des bâtiments publics, des centres religieux et des banques. Les manifestants ont également mis le feu à des voitures de police. Il s'agit essentiellement de jeunes, issus des classes populaires

De leur côté, les autorités accusent des groupes "contre-révolutionnaires" à l'étranger d'encourager les manifestations. Lundi, le président Hassan Rohani a qualifié les protestataires de "fauteurs de troubles" estimant qu'ils représentaient une "petite minorité". Et ce mercredi matin, la télévision iranienne a, quant à elle, diffusé  des images de manifestations pro-régime dans plusieurs villes.

Quelles sont les causes des manifestations ?

Elles sont dûes à un fort mécontentement économique et social. En Iran 30 % de la population a moins de 20 ans, et les jeunes sont les première victimes du chômage. Réélu en mai 2017, le président Hassan Rohani a fait campagne sur la promesse de relancer l'économie.

Après l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, le président a obtenu la levée de certaines sanctions économiques et il a réussi à maîtriser l’inflation à environ 10 %. Mais le taux de chômage reste élevé. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), plus d’un quart (26,70 %) des 15-24 ans sont à la recherche d'un emploi

L'augmentation récente du prix de l’essence et des œufs ainsi que la réduction des aides sociales pour certains retraités a donc mis le feu aux poudres. 

© Visactu

Quelles réactions du pouvoir en place et de la communauté internationale?

Ce mercredi, le bilan fait état de 21 morts, dont 16 manifestants, mais cela reste des estimations. Mardi, l’agence de presse ILNA, réputée proche des réformateurs et citant le vice-préfet de Téhéran, estimait à 450 le nombre de personnes arrêtées dans la capitale ces trois derniers jours.

Les autorités ont déployé des forces de sécurité supplémentaires pour faire face au mouvement de protestations et l’accès aux réseaux sociaux, notamment la messagerie cryptée Telegram, très utilisée en Iran, est limité. Lundi, le ministère du Renseignement iranien a prévenu que "les émeutiers et les instigateurs" étaient identifiés. "Bientôt on s'occupera sérieusement d'eux" a-t-il menacé. 

Une répression vivement condamnée par Washington. "Les dirigeants iraniens ont transformé un pays prospère (...) en un Etat voyou à la dérive", a dit la diplomatie américaine durant le week-end. Les Nations unies, par la voix de leur secrétaire général, Antonio Guterres, ont "regretté les pertes de vie" lors des manifestations. Quant à l’Union européenne, elle a dit "espérer" que le droit de manifester serait "garanti".

Mardi, le président Rohani a demandé à Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités d'un "groupe terroriste" iranien basé en France et impliqué, selon lui, dans les manifestations. Le chef de  l'Etat a répondu en exprimant sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" des derniers jours. 

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