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Qui est Qassem Soleimani, le puissant général iranien tué par les États-Unis en Irak ?

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Par , France Bleu

L'émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, le général Qassem Soleimani a été tué dans un raid américain à Bagdad ce vendredi. Le Pentagone a annoncé que le président Donald Trump avait donné l'ordre de tuer Soleimani, trois jours après une attaque inédite contre l'ambassade américaine.

Qassem Soleimani (au milieu) lors d'une cérémonie à Téhéran en mai 2019 (photo d'illustration).
Qassem Soleimani (au milieu) lors d'une cérémonie à Téhéran en mai 2019 (photo d'illustration). © Maxppp - IRANIAN SUPREME LEADER OFFICE HANDOUT

Le puissant général Qassem Soleimani, tué ce vendredi 3 janvier à Bagdad dans un bombardement attribué aux Etats-Unis, était l'un des personnages les plus populaires d'Iran, et considéré comme un adversaire redouté des Etats-Unis et de ses alliés. Le guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré qu'une terrible vengeance attendait les "criminels" ayant assassiné le général.

L'ambassade de France en Iran a recommandé vendredi à ses ressortissants de se tenir à l'écart de tout rassemblement et les a appelés à la prudence. "Trois jours de deuil ont été déclarés après la mort du général Soleimani", peut-on lire sur le compte Twitter de l'ambassade.

Homme d'influence

Chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures de la République islamique, ce personnage charismatique a notamment exercé une influence clé dans les tractations politiques depuis 2018 en vue de former un gouvernement en Irak. 

Cet homme de 62 ans à la barbe poivre et sel était aussi devenu ces dernières années une véritable star en Iran avec de très nombreux followers sur son compte Instagram.
Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, Soleimani, qui a joué un rôle important dans le combat contre les forces jihadistes, est l'homme clé de l'influence iranienne au Moyen-Orient où il a renforcé le poids diplomatique de Téhéran, notamment en Irak et en Syrie, deux pays où les Etats-Unis sont engagés militairement.

Parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde en 2017

"Pour les chiites du Moyen-Orient, c'est un mélange de James Bond, Erwin Rommel et Lady Gaga", écrivait l'ancien analyste de la CIA Kenneth Pollack dans son portrait de Soleimani pour le numéro du magazine américain Time consacré aux 100 personnalités les plus influentes du monde en 2017. "Pour l'Occident, il est (...) responsable d'avoir exporté la révolution islamique de l'Iran, de soutenir les terroristes (...) de mener les guerres de l'Iran à l'étranger", ajoute-t-il. 

Homme clé en Irak

L'homme a déployé notamment ses talents dans l'Irak voisin. À chaque développement politique ou militaire dans ce pays, il a fait le déplacement, pour agir en coulisses et, surtout, en amont. 

Percée du groupe Etat islamique, référendum d'indépendance au Kurdistan ou aujourd'hui formation d'un gouvernement... À chaque fois, il a rencontré les différentes parties irakiennes et défini la ligne à tenir, affirment différentes sources qui ont assisté à ces réunions, toujours tenues dans le plus grand secret. Son influence était ancienne puisqu'il dirigeait déjà la Force Qods lorsque les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan en 2001. 

Plus populaire en Iran que que le président

Après être resté dans les coulisses pendant des décennies, Soleimani a commencé à faire la Une des médias après le début du conflit en Syrie en 2011, où l'Iran, poids lourd chiite de la région, apporte une aide précieuse au régime de Bachar al-Assad

Selon une étude publiée en 2018 par IranPoll et l'université de Maryland, 83% des Iraniens interrogés avaient une opinion favorable de Soleimani, classé devant le président Hassan Rohani. 

A l'étranger, certains dirigeants occidentaux le voient comme un personnage central dans les relations de Téhéran avec des groupes comme le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

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