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Réfugiés : une centaine de personnes rassemblée à Bordeaux contre une "Europe forteresse"

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde dimanche 13 septembre 2015 à 19:27

Bordeaux - Une centaine de personnes rassemblée pour les réfugiés
Bordeaux - Une centaine de personnes rassemblée pour les réfugiés © Radio France - Xavier Ridon

Une centaine de personnes s'est rassemblée à Bordeaux pour dire "non à une Europe forteresse" alors que ce lundi les ministres de l'Intérieur de l'Union Européenne se réunissent.

En Allemagne, le trafic ferroviaire vers l'Autriche a été suspendu dimanche après-midi. Plus de 20.000 réfugiés sont arrivés ce week-end à Munich : "Nous avons atteint les limites de nos capacités d'accueil", disent les autorités de la ville. La question migratoire et les interrogations sur l'accueil des réfugiés est un sujet brûlant qui est au programme d'une grande réunion européenne ce lundi.

"L'asile est un droit. Ce n'est pas de la charité."

Les ministres de l'Intérieur de l'Union Européenne sont à Bruxelles pour parler de la mise en place de quotas de migrants par pays. Un système que certains pays de l'Union ont déjà refusé. En Aquitaine, le président de la région, Alain Rousset, reçoit lui des associations venant en aide aux réfugiés syriens ce lundi après-midi à 16h30.

A Bordeaux, ce dimanche  en fin d'après-midi, une centaine de personnes s'est retrouvée sur le quai des Chartrons, rive gauche. Nouveau rassemblement à l'appel des associations de soutien aux réfugiés pour dire "non à une Europe forteresse". Au delà des associations, des élus et partis politiques se trouvaient parmi les participants : des élus socialistes comme Michèle Delaunay, Vincent Feltesse ou Mathieu Rouveyre. Mais aussi le NPA avec Philippe Poutou et des militants d'Europe-Ecologie et de Nouvelle Donne.

Le département de la Gironde pourrait accueillir 700 à 800 réfugiés. - Radio France
Le département de la Gironde pourrait accueillir 700 à 800 réfugiés. © Radio France - Xavier Ridon

L'une des organisatrice Sandrine Mallet est la présidente de SOS Racisme en Gironde. Pour elle, les 24000 réfugiés attendus en France en 2 ans dont 700 à 800 en Gironde sont un premier pas mais il faut aller plus loin.

Le département a la possibilité de mettre une politique d'accueil. Il y a un élan de solidarité, ça prouve qu'il y a de la fraternité. Il faut que ce soit accompagné d'une politique publique. Hollande dit lui-même que l'émotion fait bouger les choses 

— Sandrine Mallet présidente de SOS Racisme en Gironde

Taoufik Karbia membre de l'Alifs. L'association du lien interculturel familial et social à Bordeaux a co-organisé ce rassemblement. Pour lui, il faut que les autorités prennent leur responsabilité.

Le département est grand. Quand on veut faire de la solidarité, c'est tout à fait possible. D'(ailleurs on le voit quand il y a une catastrophe qui s'impose, là, il y a de l'argent qui sort. Il y a des moyens qui sortent. Et bien qu'ils sortent maintenant ! 

— Taoufik Karbia membre de l'association Alifs

Pour lui, l'accueil des réfugiés n'est pas une question de charité mais de légalité :

L'asile est un droit. Ce n'est pas de la charité. Légalement, on ne peut pas accepter que les réfugiés soient traiter comme ils sont traités. Il manque de place dans les centre d'accueils. Il y en a peu. Les procédures sont assez longues. Rien est mis en place pour faciliter l'accès à ce droit.

Réfugiés : "Faire de la solidarité, c'est tout à fait possible", Taoufik Karbia

Quelques politiques et beaucoup d'associations se sont rassemblés. - Radio France
Quelques politiques et beaucoup d'associations se sont rassemblés. © Radio France - Xavier Ridon