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International

Sa fille morte en Syrie, un couple de Libercourt se bat pour récupérer ses petits-enfants

mardi 12 février 2019 à 17:43 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord et France Bleu

Depuis trois ans, vous entendez régulièrement sur France Bleu Nord, la voix de cette mère, de Libercourt : Lydie Maninchedda se bat pour faire revenir sa fille, partie en Syrie il y a 4 ans, et ses trois petits-enfants. La nouvelle qu'elle redoutait est arrivée : Julie est morte, elle avait 26 ans.

Lydie et Patrice Maninchedda ont perdu leur fille unique, leurs trois petits enfants sont dans un camp kurde en Syrie. Depuis Libercourt, ils en appellent à Emmanuel Macron.
Lydie et Patrice Maninchedda ont perdu leur fille unique, leurs trois petits enfants sont dans un camp kurde en Syrie. Depuis Libercourt, ils en appellent à Emmanuel Macron. © Radio France - Cécile Bidault

Libercourt, France

C'était le combat d'une mère pour faire revenir sa fille de Syrie, c'est désormais le combat d'une grand-mère et d'un grand-père, pour retrouver leurs petits-enfants. Lydie et Patrice Maninchedda, habitants de Libercourt, entre Lille et Lens, en appellent à Emmanuel Macron.

Leur fille unique, Julie, est morte en Syrie, elle avait 26 ans. Cela faisait plusieurs mois que ses parents n'avaient plus de nouvelles, et ils étaient très inquiets

La mort de Julie remonterait à plus d'un mois. Son corps, ainsi que celui d'un nouveau-né enroulé dans un tapis, ont été retrouvés, de même que celui de son compagnon, un Marocain. Quelqu'un qui la connaissait l'a identifiée. 

Convertie à l'Islam dans la métropole lilloise alors qu'elle avait 20 ans, Julie a suivi, en Syrie, il y a quatre ans, un Allemand radicalisé. L'homme, dont elle s'était ensuite séparée, est aujourd'hui emprisonné, soupçonné d'être un membre des services de renseignement de l'Etat islamique.

Plainte contre X

Depuis la terrible nouvelle, le couple remue ciel et terre, pour obtenir des précisions, auprès du quai d'Orsay, des services de renseignement français, et d'ONG sur place. Une plainte contre X pour homicides volontaires et assassinats a même été déposée, pour tenter de faire avancer les choses. "Nous ne connaissons pas les circonstances du décès de Julie", précise Lydie Maninchedda.

ECOUTEZ : Lydie Maninchedda, invitée de France Bleu Nord - 1ère partie

Les trois enfants de Julie, âgés de 1, 3 et 5 ans, se trouvent actuellement dans le camp de Al-Hol, tenu par les Kurdes, où affluent des milliers de personnes qui ont quitté les derniers bastions de l'Etat islamique. Un représentant français de Human Rights Watch a pu voir les deux plus jeunes, en bonne santé bien que vivant dans des conditions précaires.

Ils doivent intégrer une vie normale, dans une famille normale"

Lydie et Patrice Maninchedda veulent maintenant les récupérer, pour les élever en France, à Libercourt. "C'est bouleversant de les avoir retrouvés", reconnaît le grand-père, "comme tous grands-parents, nous voulons revoir nos petits-enfants. Ils doivent intégrer une vie normale, dans une famille normale".

ECOUTEZ : Patrice Maninchedda veut offrir à ses petits-enfants "une vie normale"

Ce sont des enfants français, et tout ce qui nous reste"

Le couple a donc l'intention de se battre : "Ce sont des enfants français, les enfants de notre fille", martèle Lydie Maninchedda, "c'est tout ce qui nous reste. Notre fille unique est décédée. Nous voulons en faire des citoyens français. Bien sûr, nous savons qu'ils passeront par les services sociaux en France. Nous sommes prêts à les attendre".

Mais la Nordiste sait que le combat sera difficile. Le rapatriement des jihadistes français et de leurs familles fait déjà polémique : "On voit bien dans les médias que ces enfants sont considérés comme potentiellement dangereux", reconnaît-elle. "Mais moi, sur toutes les photos et vidéos que j'ai pu voir de mes petits enfants, ils vivent, ils rient, ils jouent aux voitures... Ils ont peut-être vu des choses qu'ils n'auraient pas dû voir, mais avec le temps ils vont oublier".

ECOUTEZ : Lydie Maninchedda, invitée de France Bleu Nord - 2e partie

C'est l'innocence même ! Rapatrier des enfants, c'est faire preuve d'humanité"

A ces âges-là, "c'est l'innocence même !", complète Patrice Maninchedda. Le couple en appelle à Emmanuel Macron : "Il doit intervenir, c'est lui qui décidera. Rapatrier des enfants, c'est faire preuve d'humanité, de courage. C'est jouer son rôle de président : ramener nos Français chez nous".