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International

Sauvetage des migrants de l'Aquarius : vers une nouvelle crise européenne ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

L'Aquarius, le navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée, est de nouveau à la recherche d'un port où débarquer 141 migrants secourus en mer vendredi. Malte et l'Italie ont refusé. La France oeuvre pour trouver "rapidement" un port d'accueil au bateau a indiqué l'Elysée lundi soir.

L'Aquarius, navire humanitaire, cherche de nouveau un port après avoir secouru 141 migrants, le 10 août 2018.
L'Aquarius, navire humanitaire, cherche de nouveau un port après avoir secouru 141 migrants, le 10 août 2018. © Maxppp - VALLAURI Nicolas

Deux mois après une première crise politique européenne, l'Aquarius est au cœur d'un nouveau bras de fer. Le navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée est à la recherche d'un port où débarquer 141 migrants secourus en mer vendredi. Pour l'heure, ni Malte ni l'Italie, les deux pays les plus proches, n'ont accepté d'accueillir le bateau selon Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée interviewée ce lundi sur franceinfo.

Se dirige-t-on vers une nouvelle crise européenne ? francebleu.fr fait le point.

Sauvetage des migrants : une réglementation internationale floue

Plusieurs conventions internationales fixent les règles des sauvetages en mer. Des juridictions différentes s’appliquent selon que le navire se trouve dans les eaux territoriales d’un Etat (jusqu’à 12 milles marins des côtes, soit 22,2 kilomètres) ou dans les eaux internationales.

Porter secours est une tradition maritime mais selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), "le droit maritime international ne fournit pas d'obligations spécifiques qui détermineraient dans tous les cas quel État est en charge d'autoriser le débarquement sur son sol."

Des traités internationaux précisent toutefois que les Etats sont obligés de coopérer pour trouver un port sûr aux migrants secourus dans leur zone de recherche et de sauvetage. En cas d'urgence humanitaire enfin, un Etat peut être contraint d'ouvrir ses ports. 

"Le droit international est largement devenu une chimère pour les Etats"

Selon François Gemenne, chercheur à Sciences Po spécialiste des migrations interrogé par franceinfo ce lundi, le fait que Malte et l'Italie se renvoient la responsabilité et refusent d'accueillir l'Aquarius "n'est pas prévu par le droit international". 

"Malheureusement, il faut bien constater qu'aujourd'hui, le droit international est largement devenu une chimère pour les Etats. Ils en font absolument ce qu'ils veulent, l'appliquent lorsque cela leur chante et ne sont que très rarement sanctionnés lorsqu'ils ne l'appliquent pas" a-t-il précisé.

Les Européens ont acté fin juin la création de plateformes de débarquement sûres dans l'Union européenne lors d'un sommet consacré à la question des migrants. Mais le projet est au point mort selon François Gemenne : "Il y avait des désaccords profonds au niveau de l'Union européenne et je crains qu'on ait fait une déclaration de façade pour sauver un semblant d'unité et que derrière, en ce qui concerne la mise en application, il n'y ait rien du tout qui se soit passé."    

Le port de Sète prêt à accueillir le navire

D'après le chercheur, "ces refus de Malte et de l'Italie" d'accueillir l'Aquarius risque de provoquer "une nouvelle crise politique au sein de l'Union européenne" et de déboucher sur la convocation d'un Conseil européen. "La question est de savoir ce que va faire la France. On peut difficilement imaginer qu'il propose de l'accueillir, mais peut-être aura-t-il retenu la leçon et on peut imaginer qu'un port de Corse ou Marseille se propose pour l'accueillir."

Ce lundi, le président du port de Sète (Hérault), Jean-Claude Gayssot, a fait savoir à l'association SOS Méditerranée qu'il était prêt à recevoir l'Aquarius et ses 141 migrants si les autorités françaises donnent leur feu vert.

La présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau, a appelé lundi "l'ensemble des pays européens à prendre leurs responsabilités" pour trouver un port sûr au navire humanitaire. La France discute actuellement avec les autres pays méditerranéens de l'UE pour trouver "rapidement" un port d'accueil au navire Aquarius et ses 141 migrants a indiqué l'Elysée à l'AFP lundi soir.

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