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Syrie : Laurent Fabius plaide pour la formation d'un gouvernement "incluant des éléments du régime et de l'opposition"

Par Julie Guesdon, France Bleu samedi 26 septembre 2015 à 22:51

Laurent Fabius lors du conseil de sécurité de l'ONU (illustration)
Laurent Fabius lors du conseil de sécurité de l'ONU (illustration) © Max PPP

Le ministre des Affaires Laurent Fabius a plaidé ce samedi en faveur de la constitution d'un nouveau gouvernement syrien. Lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie française a souhaité y voir des éléments du régime mais aussi des opposants pour lutter contre la montée de Daesh.

Le président Bachar al-Assad ne peut pas diriger éternellement la Syrie mais l'essentiel pour le moment est d'engager une négociation sur une transition politique, a estimé samedi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. 

Lors d'une conférence de presse à New York où il se trouve pour l'Assemblée générale de l'ONU, M. Fabius a ajouté que cette position reflétait une "unité de vue" avec ses collègues européens, "avec des nuances d'expression". Sans aller jusqu'à dire clairement, comme la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il faut discuter avec Assad, il n'a pas posé le départ du président syrien comme préalable à une négociation. 

Fabius en faveur d'un gouvernement incluant des éléments du régime et de l'opposition

Il a plaidé une nouvelle fois pour "la formation d'un gouvernement incluant des éléments du régime et des membres de l'opposition qui refusent le terrorisme". "Cette négociation (en Syrie) ne peut pas avoir comme préalable que Bachar al-Assad sera l'éternel futur de la Syrie", a-t-il dit. "Mais il faut qu'une négociation se noue".

 Il a néanmoins accusé le président syrien d'être responsable de 80% des quelque 240.000 morts en Syrie depuis quatre ans et demi

L'ONU fait de la fin du conflit syrien une priorité

La relance d'une solution politique en Syrie sera au centre d'une série de contacts que M. Fabius va avoir à New York avec ses homologues américain, russe, iranien, émirati, saoudien, turc et irakien. Avec le ministre iranien Mohammed Javad Zarif, M. Fabius abordera les suites de l'accord de juillet sur le nucléaire iranien et "la situation régionale"

"L'Iran a dit à plusieurs reprises être très engagée aux côtés de Bachar al-Assad, mais il faut avancer", a-t-il commenté. L'Iran, principal soutien du régime syrien avec Moscou et à ce titre susceptible de peser en faveur d'une solution politique, est très courtisée depuis deux jours par les occidentaux. 

M. Zarif a ainsi rencontré samedi le secrétaire d'Etat américain John Kerry, après la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini vendredi. Mme Mogherini et M. Zarif ont "discuté de la manière de contribuer à la fin" du conflit en Syrie, selon un communiqué des services de Mme Mogherini, et se sont dits "prêts à coopérer, dans le cadre des efforts menés par l'ONU".