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Syrie : le conseil de sécurité de l'ONU vote l'envoi d'observateurs à Alep

Par Géraldine Houdayer, France Bleu lundi 19 décembre 2016 à 15:35

Les opérations d'évacuation d'Alep vont désoermais se dérouler sous le regards d'observateurs de L'ONU
Les opérations d'évacuation d'Alep vont désoermais se dérouler sous le regards d'observateurs de L'ONU © AFP - Stringer

Le conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité, ce lundi, pour l'envoi d'observateurs des Nations unies en Syrie, afin de superviser les opérations d'évacuations des civils et des rebelles de la ville d'Alep. La résolution a été proposée par la France, qui "veut éviter un nouveau Srebrenica".

Le conseil de sécurité de l'ONU a décidé ce lundi, à l'unanimité, de déployer des observateurs de l'ONU à Alep, pour superviser les évacuations et évaluer la situation des civils. Les quinze membres du conseil de sécurité ont voté pour l'envoi d'observateurs : même la Russie, qui soutient le régime de Bachar al-Assad, s'est déclarée pour l'envoi d’observateurs. La résolution demande à ce que ces observateurs se voient garantir un accès "sûr, immédiat et sans entrave" à la dernière zone rebelle de la deuxième ville de Syrie. Avec cette "résolution humanitaire", l'objectif de la France est "d'éviter un nouveau Srebrenica", ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, avait expliqué l'ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre. Ban Ki-moon devra indiquer au Conseil sous cinq jours si l'accès a été autorisé par les autorités syriennes, qui ont bloqué à plusieurs reprises par le passé l'aide de l'ONU.

Un premier signe d'entente entre les grandes puissances

La Russie, qui soutient militairement le président syrien Bachar al Assad, avait dans un premier temps menacé d'opposer son veto à ce texte. L'adoption de cette résolution, proposée par la France, marque le premier signe d'unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales aux prises avec un conflit qui a déjà fait plus de 310.000 morts depuis mars 2011. Après trois jours de blocage et de tractations, l'évacuation des civils d'Alep-Est a repris dans la nuit de dimanche à lundi en même temps que celle de deux villages chiites assiégés par les insurgés dans la province d'Idlib.

Paris appelle à un cessez-le-feu dans toute la Syrie

Quelques minutes après le vote de cette résolution, La France a appelé toutes les parties, notamment le régime syrien et ses alliés, à faire preuve de responsabilité et à mettre en oeuvre "sans délai" la résolution de l'Onu. Dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault, le ministre des affaires étrangères, appelle aussi à '"un cessez-le-feu durable dans l'ensemble du pays, afin que cesse le martyre de la population syrienne et qu'une négociation politique puisse s'engager."

Plus de 5.000 personnes évacuées ce lundi

Plus de 5.000 personnes ont pu quitter lundi le secteur rebelle assiégé d'Alep. Au total, depuis le début jeudi des évacuations du réduit rebelle dans cette deuxième ville de Syrie, au moins 14.000, dont 4.000 insurgés, ont pu quitter le secteur à bord de bus en direction d'autres zones rebelles dans le nord du pays, d'après les estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il reste au moins 7.000 personnes dans la poche rebelle Alep-Est, secteur totalement ravagé par quatre ans de guerre entre insurgés et régime de Bachar al-Assad, qui l'a finalement reconquis quasi-totalement après une violente offensive d'un mois depuis le 15 novembre.

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