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International

Syrie : le régime suspecté d'une attaque chimique à Douma, la France "assumera toutes ses responsabilités"

dimanche 8 avril 2018 à 16:55 - Mis à jour le dimanche 8 avril 2018 à 18:25 Par Olivier Uguen, France Bleu

Une ONG médicale a accusé samedi le régime syrien d'avoir lancé une attaque chimique meurtrière sur la ville rebelle de Douma, tuant au moins 48 personnes. Donald Trump s'indigne. La France demande une réunion d’urgence du conseil de sécurité de l’ONU. Damas et la Russie nient.

Syrie : le régime suspecté de bombardement à l'arme chimique à Douma
Syrie : le régime suspecté de bombardement à l'arme chimique à Douma © Maxppp -

Le régime de Bachar al-Assad à nouveau soupçonné d'avoir mené une attaque chimique, cette fois à Douma. Dans un communiqué et dans des vidéos publiées sur Twitter, les Casques Blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society ont affirmé samedi que 48 personnes avaient péri dans une attaque aux "gaz toxiques", parlant aussi de "plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants", qui présentent "les symptômes d'une exposition à un agent chimique", souffrent de difficultés respiratoires, de "brûlures de la cornée" et dégagent "une odeur semblable à celle du chlore".

Douma est la dernière ville dont certains quartiers sont contrôlés par des rebelles, opposants au régime de Bachar al-Assad, aux portes de la capitale Damas. L'aviation du régime syrien bombarde à nouveau le secteur depuis vendredi. Des dizaines de civils y seraient morts en 48 heures.

Plusieurs voix se sont élevées dimanche pour dénoncer l’usage d’armes chimiques par le régime syrien.

La France assumera "toutes ses responsabilités"

En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a dit son "extrême préoccupation".

La France "assumera toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique. Elle demande que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunisse dans les meilleurs délais pour examiner la situation dans la Ghouta orientale".

Le pape François dénonce l'usage d'armes chimiques

Le pape François a déploré les "dizaines de victimes" des bombardements devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre à Rome.

"Des nouvelles terribles nous parviennent de la Syrie avec des dizaines de victimes, dont beaucoup de femmes et d'enfants (...) tant de personnes frappées par les effets des substances chimiques contenues dans les bombes" (...). "Rien ne peut justifier l'usage de tels instruments d'extermination contre des personnes et des populations sans défense".

Trump veut faire payer "le prix fort"

Le président américain Donald Trump a dénoncé une "attaque chimique insensée" en Syrie et prévenu qu'il faudra en "payer le prix fort". "Beaucoup de morts, dont des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie. La zone des atrocités est bouclée et encerclée par l’armée syrienne, ce qui la rend inaccessible au reste du monde. Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables de leur soutien à l’animal Assad. Il faudra payer le prix fort", a écrit le président des Etats-Unis sur Twitter.

Donald Trump a reproché à son prédécesseur Barack Obama ne pas avoir mis à exécution en 2013 sa menace de frapper le régime syrien en cas d'attaque chimique. S’il l’avait fait, "le désastre syrien serait terminé depuis longtemps ! L'animal Assad serait désormais de l’histoire" ancienne, a-t-il assuré.

La Grande Bretagne a demandé une "enquête urgente".

La Turquie a également fermement réagi. "Nous condamnons avec vigueur l'attaque et nous soupçonnons fortement qu'elle ait été menée par le régime (de Bachar al-Assad), dont les antécédents en matière de recours aux armes chimiques sont connus par la communauté internationale", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé dimanche à l'arrêt des combats, en précisant que l'Organisation n'était pas en mesure de confirmer un recours à des armes chimiques.

Damas et la Russie nient avoir eu recours à des armes chimiques

Le régime syrien a démenti une telle attaque, les qualifiant de "farce" et de "fabrications", de même que son allié russe. "Les allégations d'utilisation (d'armes) chimiques sont devenues une rengaine ennuyeuse et pas convaincante, si ce n'est pour quelques pays qui (...) soutiennent le terrorisme en Syrie", a indiqué une source du ministère des Affaires étrangères syrien. "Nous démentons fermement cette information", a pour sa part déclaré le général Youri Evtouchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie.

Le régime a par ailleurs annoncé dimanche un accord pour évacuer les combattants rebelles de Jaich al-Islam de Douma dans les prochaines 48 heures, a rapporté l'agence officielle Sana.

L'offensive menée depuis le 18 février sur l'enclave rebelle de Ghouta orientale aurait coûté la vie à plus de 1600 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.