Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
International

Syrie : que se passe-t-il à Idleb, où l'ONU craint la "pire catastrophe humanitaire" du siècle ?

mardi 11 septembre 2018 à 21:03 - Mis à jour le mercredi 12 septembre 2018 à 10:25 Par Viviane Le Guen, France Bleu

La réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, mardi, n'a pas permis de dégager une position commune autour du sort d'Idleb, province syrienne du nord-ouest du pays et ultime grand bastion insurgé, que le président Bachar-al Assad et ses alliés s'apprêtent à attaquer.

Des secouristes recherchent des victimes après le bombardement d'un immeuble à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 15 mars 2017.
Des secouristes recherchent des victimes après le bombardement d'un immeuble à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 15 mars 2017. © AFP - Omar haj kadour

Alors que les bombardements se sont intensifiés sur le dernier bastion de l’opposition à Bachar Al-Assad, la province d'Idleb située dans le nord-ouest du pays, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni ce mardi. Une réunion au cours de laquelle ses membres ont à nouveau étalé des approches différentes, et qui n'a pas permis de faire retomber l'inquiétude.

Que se passe-t-il à Idleb ?

Située dans le nord-ouest syrien, la province d'Idleb et les territoires rebelles adjacents sont depuis plusieurs jours la cible des bombardements à l'artillerie du régime de Bachar al-Assad et des frappes aériennes de Moscou.

Contrôlée en majeure partie par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), issu de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, la région est le dernier grand bastion qui ne soit pas aux mains du pouvoir qui, avec l'appui militaire crucial de ses alliés russe et iranien, a réussi à reprendre près des deux-tiers du pays. Une victoire à Idleb serait donc hautement symbolique pour Bachar al-Assad et ses soutiens.

Pourquoi l'ONU redoute la "pire catastrophe humanitaire" du siècle ?

Selon l'ONU, les bombardements ont déjà fait plus de 30.000 déplacés. Près de la moitié sont installés dans des camps près de la frontière turque. Les Nations unies redoutent la "pire catastrophe humanitaire" du 21e siècle, en cas d'offensive car trois millions de personnes, dont la moitié sont déjà des réfugiés d'autres régions du pays, vivent dans la zone. 

Des civils qui risquent de se trouver pris entre deux feux comme l'explique Fabrice Balanche, maître de conférences à l'Université Lyon-2 et spécialiste de la Syrie sur franceinfo. 

Selon lui, "l'offensive va se dérouler en deux phases. La première va viser le sud de la province d'Idleb, où sont concentrés les rebelles du Front pour la Libération Nationale (FLN), soutenus par la Turquie" car "leur reddition et leur dispersion seront plus faciles à obtenir qu'avec les jihadistes, qui occupent la partie nord." 

Contraints de fuir vers le Nord durant la première phase de la bataille, les civils vont donc subir la"deuxième phase de l'offensive" dirigée contre les jihadistes.

Cette bataille peut-elle avoir des conséquences pour la sécurité en Europe ?

Oui selon le ministre français des Affaires étrangères. Interviewé sur BFMTV, Jean-Yves Le Drian a fait part de ses inquiétudes évoquant le risque de dispersion de milliers de jihadistes concentrés dans cette zone.

"Il y a un risque sécuritaire dans la mesure où dans cette zone se trouvent beaucoup de jihadistes, se réclamant plutôt d'Al-Qaïda, qui sont entre 10.000 et 15.000 et qui sont des risques pour demain pour notre sécurité", a-t-il affirmé évaluant à "quelques dizaines" le nombre de combattants français parmi eux.

Jean-Yves Le Drian s'est aussi inquiété d'un risque d'attaques chimiques à Idleb. "Il apparaît qu'il y a une espèce de préparation psychologique par certains intervenants russes d'une utilisation de l'arme chimique, qu'ils mettraient sur le compte de groupes terroristes" s'est-il alarmé avant de réaffirmer, à l'image d'Emmanuel Macron en février dernier, que la France pourrait ordonner des frappes contre le régime si un recours à des armes chimiques létales était avéré. Depuis 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 350.000 morts.