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Syrie : tensions à l'ONU entre la Russie, la France et les Etats-Unis autour du sort de Bachar el-Assad

Par Julien Baldacchino, France Bleu mardi 29 septembre 2015 à 8:13

Le président américain Barack Obama à la tribune de l'ONU
Le président américain Barack Obama à la tribune de l'ONU © Max PPP

Les Nations Unies sont réunies depuis lundi à New-York pour leur Assemblée nationale. Il y est largement question de la Syrie. François Hollande et Barack Obama sont fermement opposés à ce que le président syrien Bachar el-Assad soit associé au processus de sortie de crise.

"On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau". Pour François Hollande, la position est claire : le président syrien Bachar el-Assad ne doit pas être intégré au processus de sortie de crise et de lutte contre l'Etat Islamique en Syrie. "Assad est à l'origine du problème et il ne peut pas faire partie de la solution", explique le président de la République, vingt-quatre heures après avoir annoncé les premières frappes contre Daech en Syrie. 

La Syrie est l'une des questions centrales de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, qui se déroule depuis lundi à New-York. Car la coalition internationale qui frappe depuis un an des bastions du groupe Etat Islamique en Syrie et en Irak n'a pas permis d'endiguer le groupe terroriste ni d'affaiblir ses positions et son attractivité pour les aspirants djihadistes.

Poutine à l'ONU pour la première fois depuis 10 ans

La journée de lundi a été marquée par une rencontre, en marge du sommet, entre Barack Obama et Vladimir Poutine. Les deux présidents, qui ne s'étaient pas vus depuis deux ans, ont convenu de la nécessité de trouver une solution politique en Syrie. Mais ils divergent toujours sur le sort qui doit être réservé à Bachar el-Assad. 

"J'ai le plus grand respect pour mes homologues américain et français mais ils ne sont pas ressortissants syriens et ne doivent donc pas être impliqués dans le choix des dirigeants d'un autre pays".

— Vladimir Poutine, lundi à New-York

"Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d'avant la guerre", maintient Barack Obama, qui qualifie Assad de "tyran qui massacre des enfants innocents sous prétexte que l'alternative serait pire". Mais du côté de Moscou, si la nécessité de trouver une solution semble aussi reconnue, le chef du Kremlin, qui s'exprimait à l'ONU pour la première fois depuis dix ans, a affirmé que "nous devons reconnaître que personne d'autre que les forces armées du président [syrien] ne combat réellement l'Etat Islamique"

Pour autant, la Russie a proposé lundi au Conseil de Sécurité une résolution en faveur d'une coalition politique et militaire... incluant l'Iran et le régime de Bachar el-Assad. La Maison Blanche a déclaré qu'il serait irresponsable de ne pas tenter la carte du dialogue avec les autorités russes sur ce sujet.