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International DOSSIER : Les migrants de Calais

Tensions entre Londres et Paris sur l'accueil des migrants mineurs isolés

mercredi 22 février 2017 à 15:26 Par Aude Raso, France Bleu

Mardi, François Hollande a appelé le Royaume-Uni à "prendre sa part de responsabilité" dans l'accueil des migrants mineurs isolés. La volte-face de Londres, qui s'était engagé à admettre les enfants et adolescents de l'ex-"jungle" de Calais ayant de la famille outre-Manche, agace.

Des migrants près de Calais en février 2017
Des migrants près de Calais en février 2017 © AFP -

"La France prend sa part de l'effort européen. Elle attend aussi que ses partenaires fassent de même, surtout lorsqu'il s'agit de mineurs isolés." La déclaration de François Hollande à Paris mardi 21 février lors d'une conférence sur la protection des enfants vivant dans des zones de conflit n'est pas passée inaperçue. Après Bernard Cazeneuve, le Premier ministre, et Bruno Le Roux, le ministre de l'Intérieur, c'est au tour du chef de l'État d'appeler publiquement le Royaume-Uni à "prendre ses responsabilités" dans l'accueil des mineurs migrants isolés.

Les tensions entre Londres et Paris sur le sujet ne sont pas nouvelles. Lors du démantèlement de la "jungle" de Calais fin octobre, la France a envoyé près de 2 000 mineurs vers des centres d'accueil et d'orientation spécifiques (Caomis). À l'époque, le Royaume-Uni s'était engagé à accueillir les jeunes de moins de 18 ans ayant déjà de la famille sur le sol britannique, ainsi qu'à étudier le dossier des mineurs dits "vulnérables". Quelques semaines plus tard, le gouvernement britannique faisait volte-face et fixait un quota d'accueil de 350 mineurs "vulnérables". Pour les centaines d'enfants et d'adolescents de l'ex-"jungle" de Calais attendant leur transfert vers l'autre côté de la Manche, la porte se ferme.

La France demande un réexamen des dossiers rejetés

Le gouvernement britannique a répondu sèchement à la sortie de François Hollande mardi. "Je n'accepte pas la suggestion que nous ne travaillons pas assez", a notamment déclaré un porte-parole de la Première ministre Theresa May. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur français, 388 mineurs de la "jungle" ont été admis par les Britanniques avant le démantèlement et 503 autres depuis. Plus de 400 mineurs contestent le rejet de leur dossier par les autorités britanniques.

En sous-entendant début février que cette volte-face s'était faite en accord avec les autorités françaises soucieuses d'éviter un "appel d'air", la secrétaire d'État britannique à l'Intérieur Amber Rudd a jeté un pavé dans la mare. Mensonge ou non, la déclaration a poussé Bernard Cazeneuve, à Londres le 17 février, à assurer que le gouvernement français œuvrait à demander le réexamen des dossiers litigieux de mineurs rejetés. De son côté, le Royaume-Uni s'est dit prêt à rouvrir certains de ces dossiers.

En pleines négociations autour du Brexit et dans une opinion chauffée à blanc depuis des mois sur les questions d'immigration, une évolution de la position britannique semble compliquée. France Terre d'Asile estime que 20% à 25% des mineurs, déçus par la volte-face de Londres, ont quitté les Caomis. Certains sont aujourd'hui de retour à Calais pour tenter à nouveau de gagner l'Angleterre.