International DOSSIER : Le référendum en Catalogne

Timides réactions européennes après le référendum en Catalogne

Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace, France Bleu Roussillon et France Bleu mardi 3 octobre 2017 à 18:00

300.000 personnes ont défilé dans les rues de Barcelone mardi 3 octobre 2017
300.000 personnes ont défilé dans les rues de Barcelone mardi 3 octobre 2017 © Maxppp - Nicolas Carvalho Ochoa

Deux jours après le référendum sur son indépendance, la Catalogne était en grève ce mardi 3 octobre 2017 pour dénoncer les violences policières de dimanche. Pour le moment, l'Europe suit la crise espagnole d'assez loin.

Deux jours après le référendum sur son indépendance, la Catalogne était en grève ce mardi pour dénoncer les violences policières de dimanche. Près de 300.000 personnes ont défilé dans les rues de Barcelone.

A Strasbourg, le Parlement européen doit débattre ce mercredi de la situation en Catalogne. Dans un premier temps, ce sont les violences de dimanche qui ont fait réagir les institutions européennes. Mais si les élus catalans proclament l'indépendance, les partenaires de l'Espagne vont devoir s'impliquer davantage. Lundi, la Commission européenne appelait les Espagnols au "dialogue". Pour Bruxelles, le référendum n'est pas légal. La Commission soutient le premier ministre Mariano Rajoy, invité tout de même à respecter "les droits fondamentaux" des citoyens. De leur côté, les responsables catalans réclament une médiation internationale.

L'Europe s'inquiète de la contagion

La crise espagnole est suivie de très près en Belgique, où le nationalisme flamand est toujours très actif. Fin mars, l'Ecosse a demandé à Theresa May l'organisation d'un nouveau référendum sur son indépendance, sous prétexte que ses citoyens ont massivement refusé le Brexit. Le gouvernement britannique devrait trancher à l'automne 2018, après les négociations sur son départ de l'UE. La Slovénie, elle aussi, suit cette crise de près. Cette ancienne république yougoslave a conquis son indépendance à la suite d'un référendum, justement, en 1991. Pour le moment, l'UE est constituée de 28 pays, qui ont parfois bien du mal à s'entendre. On imagine mal une Europe gouvernée par 124 régions.

Renoncer à l'euro?

Si la Catalogne quitte le giron espagnol, elle quitte aussi en théorie l'Union européenne. Sauf si les 28 décident de lui accorder un statut particulier, elle va devoir lancer de longues démarches pour réintégrer cette institution. Grande comme la Belgique, la Catalogne représente pour le moment près de 20% du PIB de l'Espagne. En cas de scission, elle perdra l'euro. Les industriels catalans devront payer de grosses taxes pour exporter leur production. Et pour importer des marchandises ou des matières premières. Parmi les 20 plus grosses entreprises espagnoles, cinq ont leur siège en Catalogne, elles pourraient être tentées de déménager.

Depuis le début de la crise entre la Catalogne et Madrid, les investissements étrangers auraient déjà chuté de 10%. La France, gros partenaire économique de la Catalogne, pourrait souffrir au premier chef d'une crise politique longue en Espagne. Emmanuel Macron soutient le gouvernement Rajoy. Le président français a indiqué ce lundi qu'il restait attaché à "l'unité constitutionnelle de l'Espagne".

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