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Volkswagen : comment la tricherie a-t-elle été découverte ?

Par Julien Baldacchino, France Bleu mardi 22 septembre 2015 à 10:59

Un moteur Volkswagen pourrait être jusqu'à 40 fois plus polluant qu'annoncé
Un moteur Volkswagen pourrait être jusqu'à 40 fois plus polluant qu'annoncé © Max PPP

Volkswagen, l'un des plus puissants constructeurs d'automobile au monde, est dans la tourmente. La révélation ce week-end d'une fraude aux contrôles anti-pollution a fait perdre plusieurs milliards d'euros à l'entreprise allemande. Mais comment tout cela a-t-il commencé ? Retour sur les faits.

Une perte de 15 milliards d'euros en bourse, une action en chute libre, plusieurs voix d'hommes politiques – dont celle de Michel Sapin ce mardi – qui s'élèvent pour demander des enquêtes au niveau international... Depuis lundi, le constructeur allemand Volkswagen est dans une situation périlleuse. La raison : une tricherie massive concernant 482.000 véhicules de la marque, qui ont été programmés pour contourner les tests anti-pollution. 

Le tout grâce à un petit logiciel conçu pour détecter lorsqu'un véhicule était soumis à un test anti-pollution, capable de limiter, le temps du test, les émissions de gaz polluants, notamment les gaz NOx (oxydes d'azote). Le reste du temps, une fois ce dispositif désactivé, les véhicules émettaient jusqu'à 40 fois le seuil de particules autorisé.

Une ONG à l'origine de la découverte

Mais pour bien comprendre cette affaire, il faut en réalité remonter à 2013. Car même si c'est l'Agence de protection de l'environnement (EPA) américaine qui a révélé le scandale, elle n'est pas à l'origine de la découverte. Pour elle, les voitures Volkswagen correspondaient aux normes anti-pollution. C'est une ONG, International Council for Clean Transportation (ICCT) qui a décidé de réaliser des tests plus poussés. "Notre hypothèse était que toutes ces voitures sortiraient propres", assure Drew Kodjak, directeur exécutif de l'organisation.

L'ONG recrute donc des chercheurs indépendants de l'université de Virginie Occidentale pour faire ces tests, en compagnie de leurs étudiants. Or, ils découvrent que deux modèles diesel Volkswagen testés (une Passat et une Jetta) affichent des niveaux de gaz polluants largement supérieurs à ceux affichés... et surtout, à ceux autorisés par la loi. C'est donc l'ICCT qui a alerté l'agence EPA, dès mai 2014. Mais dans un premier temps, Volkswagen a nié en bloc, affirmant que les résultats trouvés par les chercheurs étaient dus à "divers problèmes techniques" et à des conditions d'expériences "inattendues".

Des aveux obtenus... sous la menace

Et finalement, c'est le groupe Volkswagen qui a fini par passer aux aveux et révéler la supercherie... mais il a fallu pour cela que l'EPA menace le constructeur de ne pas certifier les modèles diesel 2016 pour obtenir des aveux. Au total, ce sont 482.000 voitures diesel des marques Audi et Volkswagen qui sont concernés, sur des modèles allant de 2008 à 2015.

Outre les conséquences désastreuses pour l'entreprise en bourse, Volkswagen risque gros : les autorités ont ouvert une enquête pénale contre le fabricant lundi soir. Au final, Volkswagen risque jusqu'à 18 milliards de dollars d'amende... aux Etats-Unis seulement. Et ailleurs dans le monde, des enquêtes ont débuté pour vérifier que Volkswagen ait aussi triché ailleurs, ce qui n'est "pas exclu" selon l'ONG ICCT.