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International

Trump menacé de destitution : tout comprendre à la procédure qui a été lancée aux États-Unis

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Les démocrates américains ont lancé, mardi, la première étape d'une procédure de destitution qui vise le président Donald Trump. Qu'est-il reproché au président américain ? Quelles sont les étapes à venir ? On vous explique.

Donald Trump sera-t-il le premier président américain à être destitué ?
Donald Trump sera-t-il le premier président américain à être destitué ? © AFP - Saul Loeb

Mardi soir, la présidente démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi a annoncé l'ouverture d'une enquête formant la première étape d'une procédure de destitution contre Donald Trump. Une procédure rarissime outre-Atlantique, qui ne signifie pas pour autant que la destitution du président est acquise. Qu'est-il reproché à Donald Trump ? À quoi faut-il s'attendre désormais ?

Qu'est-il reproché à Donald Trump ?

Alertés par un mystérieux lanceur d'alerte membre de la communauté du renseignement, les démocrates soupçonnent le président américain d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien pour obtenir des informations susceptibles de nuire à Joe Biden, favori dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de novembre 2020.

Un entretien téléphonique déterminant

Un entretien téléphonique entre les deux présidents, daté du 25 juillet dernier, est au cœur de l'affaire. La presse américaine prétendait mardi soir que Donald Trump a demandé, lors sa conversation avec le président Zelenski, l'ouverture d'une enquête des autorités ukrainiennes contre son rival. Il a par la suite annoncé au président ukrainien la suspension d'une aide militaire, ses accusateurs voyant dans cette "contrepartie" une manière évidente sinon explicite d'exercer un chantage sur Kiev.

La Maison-Blanche a publié, mercredi après-midi, la transcription partielle, rédigée sur la base de notes, de cet appel entre les deux chefs d'État. Il en ressort que Donald Trump a bien demandé à son homologue de déterminer si l'ancien vice-président Joe Biden avait mis fin à une enquête sur une entreprise où travaillait son fils. "On parle beaucoup du fils de Biden et du fait que Biden ait arrêté l'enquête et beaucoup de gens veulent en savoir plus sur le sujet, donc cela serait formidable si vous pouviez vous pencher dessus", est-il notamment retranscrit. Donald Trump propose à cette occasion à son interlocuteur de travailler en coopération avec son avocat Rudy Giuliani et avec le ministre américain de la Justice Bill Barr.

Hunter Biden, fils de Joe Biden, a été membre de 2014 à 2019 du comité de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma, un temps visé par une enquête par corruption. Lui n'a toutefois jamais été inquiété. Donald Trump accuse Joe Biden d'avoir réclamé en 2015 le limogeage du procureur général ukrainien pour protéger les intérêts de son fils. Alors vice-président de Barack Obama, le démocrate a bien exigé le départ de ce procureur, mais dans le cadre d'une campagne de lutte contre la corruption menée avec les Européens et les organisations internationales qui, eux aussi, militaient pour le départ de ce responsable accusé d'entraver les réformes.

Comment réagit Trump ?

Sitôt l'enquête de la Chambre des représentants lancée mardi, le président américain avait dénoncé "une chasse aux sorcières de caniveau", s'engageant à publier la retranscription de cet appel téléphonique. Le président américain a reconnu avoir évoqué Joe Biden et son fils lors de cet "appel de rien du tout" mais nie toute pression sur Kiev. Il a ajouté que sa décision de geler une aide militaire de quelque 400 millions de dollars à l'Ukraine, approuvée par le Congrès, n'était en rien du chantage. 

"Une destitution pour ça ? C'est une blague !", a-t-il aussi lancé lors d'une conférence de presse dans un hôtel new-yorkais, proche du siège des Nations unies. "Les démocrates ont fait ça durant la semaine des Nations unies, c'était tout planifié...", a-t-il avancé.

Depuis l'Assemblée générale de l'ONU, il a accusé la responsable démocrate Nancy Pelosi de perdre son temps "avec une crise montée de toutes pièces". "Tout ce dont ils parlent n'a aucun sens", a-t-il ajouté, en accusant les démocrates et les médias de travailler main dans la main.

Un peu plus tôt, il a aussi estimé qu'une mise en accusation aurait un effet "positif" sur sa campagne pour sa réélection.

Que dit le président ukrainien ? 

Ce mercredi soir, lors d'une rencontre avec Donald Trump à New York, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que "personne" n'avait fait pression sur lui. "Ce fut un bon échange téléphonique, normal", a affirmé ce novice en politique, élu en avril à la tête de son pays, très dépendant de l'aide américaine. Il a  ajouté qu'il ne voulait "pas être impliqué dans les élections aux Etats-Unis".

Quelle est la prochaine étape ?

La balle est désormais dans le camp de la Chambre des représentants, au sein de laquelle l'enquête est ouverte. Les élus démocrates tentent de sécuriser l'audition du lanceur d'alerte, et doivent également entendre jeudi le directeur du renseignement national, Joseph Maguire, qui avait refusé de leur transmettre son signalement. Leur but ? Réunir le maximum d'informations au sein de plusieurs commissions pour étayer leur dossier de mise en accusation ("impeachment" en anglais) avant de passer au vote en séance plénière à la chambre basse du Congrès.

Compte-tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, il est probable que Donald Trump sera mis en accusation, ce qui n'est arrivé qu'à deux de ses prédécesseurs : les démocrates Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton, poursuivi pour "parjure" en 1998 après sa liaison avec la stagiaire de la Maison Blanche, Monica Lewinsky.

La menace de destitution est-elle réelle ?

La procédure prévoit ensuite que c'est le Sénat qui mène le "procès" du président, si celui-ci est effectivement mis en accusation par la Chambre des représentants. Mais pour que Donald Trump soit destitué, il faut que les deux-tiers des sénateurs valident sa culpabilité. Or les Républicains restent majoritaires au Sénat. Il faudrait que les démocrates parviennent à convaincre vingt sénateurs du camp opposé de voter contre le président, ce qui paraît hautement improbable à ce stade. Mais L'un d'eux, le modéré Mitt Romney, a jugé ce mercredi que l'échange entre Trump et Zelensky était "profondément préoccupant", mais qu'il attendait d'en savoir plus pour arrêter son jugement.

En pleine campagne présidentielle, Donald Trump jouit toujours d'un fort soutien au sein de l'électorat républicain, même si son image est un peu plus entachée dans l'opinion par ces nouvelles accusations.

  - Visactu
© Visactu -
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