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Turquie : au moins 95 morts dans l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du pays

Par Germain Arrigoni, France Bleu samedi 10 octobre 2015 à 15:47 Mis à jour le samedi 10 octobre 2015 à 22:55

L'endroit où s'est produit l'attentat
L'endroit où s'est produit l'attentat © Reuters

L'attentat qui s'est produit samedi matin au début d'une manifestation a fait au moins 95 morts et 246 blessés à Ankara. Le Premier ministre turc a annoncé trois jours de deuil national.

C'est l'attentat le plus meurtrier de l'histoire en Turquie. Selon un bilan encore provisoire samedi soir, au moins 95 personnes ont été tuées et 246 autres blessés par deux explosions lors d'une manifestation pour la paix organisée par l'opposition prokurde à trois semaines des élections législatives anticipées.

Trois jours de deuil national

A 10h04 locales, deux fortes explosions ont secoué les alentours de la gare centrale d'Ankara, où des milliers de militants venus de toute la Turquie à l'appel de plusieurs syndicats, d'ONG et partis de gauche se rassemblaient pour dénoncer la reprise du conflit entre Ankara et les rebelles kurdes. Cette double déflagration a transformé l'esplanade en scène de guerre, avec de nombreux corps sans vie jonchant le sol au milieu de bannières "Travail, paix et démocratie", et provoqué la panique dans la foule.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annoncé samedi trois jours de deuil national.

L'attaque n'a pas été revendiquée

Dans une déclaration, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a dénoncé une "attaque haineuse contre notre unité et la paix de notre pays" et promis "la réponse la plus forte" contre ses auteurs. Les autorités turques ont très rapidement évoqué l'hypothèse d'un attentat. "Nous soupçonnons qu'il existe un lien terroriste", a confirmé sous couvert de l'anonymat à l'AFP un responsable gouvernemental. Des preuves solides suggèrent que la double explosion est le fait de deux kamikazes a ajouté dit le Premier ministre turc. Il a évoqué comme suspects potentiels l'Etat islamique, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupuscule révolutionnaire d'extrême gauche, le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). 

Cet attentat intervient à trois semaines des élections législatives anticipées du 1er novembre, alors que les affrontements, meurtriers et quotidiens, font rage entre les forces de sécurité turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie.