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Ukraine : au moins 25 morts dans les violences, le président décrète une journée de deuil national

France Bleu mercredi 19 février 2014 à 8:08 Mis à jour le mercredi 19 février 2014 à 11:00

Les manifestants sont barricadés derrière des barrières de flammes
Les manifestants sont barricadés derrière des barrières de flammes © MaxPPP

Les affrontements se poursuivent mercredi à Kiev, entre les manifestants qui occupent depuis plusieurs semaines la place de l'Indépendance, et les forces de sécurité, causant la mort d'au moins 25 personnes. Le président Ianoukovich a décrété un jour de deuil national pour jeudi.

Le jour s'est levé, mercredi matin, sur une place de l'Indépendance dévastée par des affrontements qui durent encore. Toute la nuit, manifestants anti-gouvernement et forces de sécurité ont combattu, faisant monter le bilan de ces journées les plus meurtrières depuis le début de la contestation à 25 morts et 241 blessés . Parmi ces blessés hospitalisés, 79 sont des policiers, et cinq autres sont journalistes.

Au petit matin, la police avait repris près de la moitié de la place surnommée "Maïdan" . Les manifestants, barricadés derrière des pneus et des morceaux de bois en feu, occupaient toujours la Maison des syndicats, QG de l'opposition depuis le début de la contestation, il y a trois mois.

Pour mieux comprendre la situation, il faut revenir aux sources de cette contestation, engagée il y a trois mois : les manifestants ont voulu protester contre l'annulation, par le président Viktor Ianoukovich, d'un accord d'association avec l'Union Européenne , au profit d'une position plus pro-russe. L'assaut de mardi sur la place de l'Indépendance a été donné quelques heures seulement après le versement d'une partie du plan d'aide à l'Ukraine accordé par la Russie.

Mardi soir, Viktor Ianoukovich a rencontré les chefs de file de l'opposition. Il les a appelés à prendre leurs distances avec des militants d'extrême-droite, eux aussi parties prenantes de la contestation, qualifiés par le président de "criminels ". Dans le cas contraire, Viktor Ianoukovich menace de "changer de ton ".

Pas question, pour l'opposition, de négocier pour le moment. "Comment peut-on discuter alors que le sang coule ? ", a lancé Vitali Klitschko, l'un des leaders de l'opposition. Les manifestants demandent le retrait des forces de l'ordre de la place de l'Indépendance. L'Union européenne et les Etats-Unis soutiennent cette revendication. La Russie, de son côté, dénonce "une tentative de coup d'Etat ".

La contestation s'étend en Ukraine

Stefan Füle, commissaire européen à l'Elargissement, s'est dit inquiet face "à la vision des Berkout (les policiers anti-émeutes) avec des kalachnikovs ". Même si le Premier ministre ukrainien par intérim a promis que les forces de sécurité feraient tout pour ne pas avoir à tirer , la tension continue de monter. Mercredi matin, le métro de Kiev a été fermé.

Dans le même temps, la contestation s'est élargie à trois autres villes du pays. Des manifestants y ont pris d'assaut des bâtiments officiels.

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