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Brexit : un an après le référendum, peu de concret et des doutes

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le 23 juin 2016, 52% des Britanniques se prononçaient pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, provoquant une onde de choc au sein de l'Europe. Un an plus tard, les négociations ont à peine débuté, et les conditions du Brexit, comme son impact, restent flous.

Les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ont débuté lundi 19 juin.
Les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ont débuté lundi 19 juin. © Maxppp - Tim Ireland

Un an jour pour jour après le vote des Britanniques en faveur du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne paraît encore bien abstraite. Les négociations entre Londres et Bruxelles ont débuté lundi 19 juin, marquant "le début d'un périple pour le Royaume-Uni et l'Union européenne", a déclaré à l'issue de la première séance officielle de tractations historiques le ministre David Davis, négociateur en chef du Brexit pour le Royaume-Uni. Le chemin sera long en effet, la sortie effective de l'Union européenne étant fixée au 29 mars 2019 à minuit.

Un calendrier de négociations...

Pour l'instant, le seul élément concret est le calendrier des négociations défini par le Royaume-Uni et l'Union européenne : quatre séances ont été prévues dans un premier temps, une fois par mois, entre le 17 juillet et le 9 octobre. Des groupes de travail constitués d'experts discuteront des sujets les plus pressants. La question des liens futurs entre Londres et l'UE ne sera elle étudiée "qu'une fois que nous aurons enregistré des progrès suffisants (...) et concrets", a prévenu le négociateur en chef de l'Union, Michel Barnier. Les Britanniques voulaient discuter dès le départ de leur "relation future" avec l'UE, notamment sur le plan commercial, un "partenariat fort et spécial" selon David Davis. Mais ils ont finalement accepté le tempo des Européens.

... et une première - courte - proposition de Theresa May

L'une des principales incertitudes provoquées par le Brexit porte sur les droits des citoyens de l'UE qui vivent ou travaillent au Royaume-Uni, et réciproquement pour les ressortissants britanniques installés dans le reste de l'Union. C'est l'une des trois priorités fixées pour la première phase des tractations. Et sur ce point, la Première ministre britannique Theresa May a assuré jeudi soir à l'occasion d'un sommet des dirigeants européens à Bruxelles que le Royaume-Uni ne forcera aucun citoyen de l'UE à quitter son territoire après la date effective du Brexit, et que Londres offrirait des possibilités pour les citoyens européens de régulariser leur statut afin de pouvoir rester au Royaume-Uni. La Première ministre a jugé cette offre "équitable et très sérieuse". Mais de nombreuses critiques ont suivi cette première intervention sur les plans de Mme May pour la négociation sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE.

Le Premier ministre belge Charles Michel, parmi les plus critiques vendredi matin, a notamment estimé que le plan britannique était "particulièrement vague". Selon une source européenne ayant requis l'anonymat, certains dirigeants autour de la table considèrent la proposition britannique de n'obliger personne à partir comme "la moindre des choses". La réaction du président du Conseil européen Donald Tusk va encore plus loin : il a déclaré vendredi que la proposition de Theresa May était "en deçà de nos attentes" et "risque d'aggraver la situation" des Européens dans le pays. "Les droits des citoyens sont la première des priorités de l'UE à 27" dans les négociations a souligné M. Tusk lors d'une conférence de presse concluant le sommet des dirigeants européens à Bruxelles.

Un document détaillé de Londres sur les droits des expatriés européens au Royaume-Uni après le Brexit est annoncé pour lundi prochain.

L'idée d'un Brexit "dur" perd du terrain

Malgré le début des négociations, certains imaginent encore que le Brexit peut ne pas avoir lieu. C'est ce qu'a laissé entendre le président du Conseil européen Donald Tusk jeudi, expliquant "rêver" à un maintien du Royaume-Uni dans l'UE, un rêve qui selon lui n'est pas impossible. Il est vrai que la première ministre britannique Theresa May est fragilisée après la perte le 8 juin de sa majorité absolue lors d'élections législatives anticipées, qu'elle a convoquées pour pouvoir négocier le Brexit comme elle l'entendait. Depuis le scrutin, la dirigeante conservatrice est à la recherche d'alliés (qu'elle pourrait trouver du côté des députés unionistes du DUP nord-irlandais), et elle pourrait, dans cette situation inconfortable, être contrainte d'adoucir le Brexit qu'elle souhaitait sans concession (sortie du marché unique et contrôle des frontières pour limiter l'immigration européenne). Theresa May a d'ailleurs déclaré cette semaine que son gouvernement était prête à écouter d'autres points de vue pour arriver à un "Brexit" jouissant du "plus grand soutien public possible".

Hasard ou calcul, la reine Elizabeth II, qui est tenue à la plus stricte neutralité en matière politique, avait choisi mercredi pour son discours d'ouverture du parlement britannique un chapeau bleu orné de fleurs au coeur jaune, couleurs du drapeau européen, qui a immédiatement été intensément commenté sur les réseaux sociaux.

Les Britanniques dans le doute

Quant à la population britannique, elle semble avoir des doutes désormais sur le bien-fondé d'une sortie de l'Union européenne. Un sondage YouGov publié fin avril dans le quotidien The Times a montré pour la première fois depuis le référendum du 23 juin 2016 qu'il y avait plus de déçus que de satisfaits du Brexit au Royaume-Uni. À la question "Avec du recul, pensez-vous que le Royaume-Uni a eu raison ou tort de voter pour quitter l’UE ?", 45% des personnes interrogées ont répondu regretter le choix de la sortie de l'Union européenne, contre 43% qui ont dit l'approuver. 39% des sondés estiment par ailleurs qu'en dehors de l'UE, le Royaume-Uni sera dans une situation "pire" qu'en restant à l'intérieur. 28% pensent au contraire à une amélioration des finances britanniques après le Brexit.

Le calendrier du Brexit selon l'Union européenne.
Le calendrier du Brexit selon l'Union européenne. © Visactu -

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