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Union européenne : des défis brûlants pour le gouvernement Macron

Par Olivia Cohen, France Bleu samedi 20 mai 2017 à 0:58

Jean-Yves Le Drian est nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Marielle de Sarnez est nommée ministre déléguée aux Affaires européennes
Jean-Yves Le Drian est nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Marielle de Sarnez est nommée ministre déléguée aux Affaires européennes © Radio France -

Jean-Yves Le Drian nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et Marielle de Sarnez ministre déléguée aux Affaires européennes : sur leurs bureaux, des dossiers urgents, l’Europe fait partie des priorités macroniennes.

Une question brûlante dont on a beaucoup parlé : les travailleurs détachés, ces travailleurs issus essentiellement de l’Europe de l’Est qui migrent à l’Ouest de l’Union pour des missions ponctuelles. Emmanuel Macron veut réformer la directive qui les concerne pour limiter la concurrence déloyale et les écarts de salaire, par exemple ces travailleurs pourraient toucher les allocations familiales de leur pays d’accueil même si leurs enfants restent au pays. Actuellement, ils touchent le salaire minimum du pays d’accueil mais leurs frais de logement et de déplacement sont à déduire.

*À ÉCOUTER : Les défis européens du gouvernement Macron tout juste nommé
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Imposer un revenu minimum commun à tout le continent jetterait les bases d’une Europe sociale. Jusqu’ici, les pays de l’Est étaient contre une modification de la directive, craignant pour la liberté de mouvement de leurs citoyens. Ils y sont aujourd’hui plus favorables car ils subissent eux-mêmes la concurrence de travailleurs venus d’Ukraine et de Moldavie.

Sur ce front, la bataille sera a priori aisée à remporter pour Emmanuel Macron.

La question migratoire avec un droit d'asile commun sera plus compliquée

Pour beaucoup de dirigeants européens, le hongrois Viktor Orban en tête, les populations entrées en Europe depuis 2015 se composent avant tout de migrants économiques et constitueraient donc une menace pour la cohésion et la sécurité des nations européennes.

Dans son programme, Emmanuel Macron s’oppose à ce type de pensées mais reste assez flou : il veut "une France qui assume sa juste part dans l’accueil des réfugiés tout en reconduisant plus efficacement à la frontière ceux qui ne sont pas acceptés" avec un renforcement du contrôle des frontières européennes, via la mobilisation de 5.000 hommes par la nouvelle Agence européenne de garde-frontières et de garde côtes.

Favoriser les entreprises européennes dans les marchés publics

C’est probablement le pari qui, s’il réussit, apportera le plus de crédit et de reconnaissance au nouveau président français, épaulé par ses deux ministres Le Drian et de Sarnez : favoriser la croissance et lutter contre le chômage en mettant en place un "patriotisme économique européen". L’idée serait de réserver l’accès des marchés publics européens aux entreprises qui localisent plus de la moitié de leur production en Europe. C’est la seule piste qui permet d’échapper aux accusations de protectionnisme et d’inciter les entreprises à relocaliser leur production.

En tout cas, l’agenda est déjà très dense. Le sommet de l’OTAN, à Bruxelles, le 25 mai prochain, sera pour Paris l’occasion d’insister sur la nécessité d’une défense européenne plus unifiée et renforcée au sein de l’Alliance atlantique, comme Emmanuel Macron l’a rappelé à Berlin le 15 mai, au lendemain de son investiture.