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Veillées de la réconciliation : Anne-Marie Denizot, petite main de l'amitié franco-allemande

Par Louise Delépine, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin mardi 8 avril 2014 à 7:22

Anne-Marie Denizot, fondatrice de l'association caennaise pour la connaissance de l'Allemagne
Anne-Marie Denizot, fondatrice de l'association caennaise pour la connaissance de l'Allemagne © Radio France

La première veillée de la réconciliation franco-allemande, c'est ce mardi à 20h au Mémorial de Caen. Tous les Bas-Normands sont invités à venir témoigner. Parmi eux, Anne-Marie Denizot, fondatrice en 1959 de l'association caennaise pour la connaissance de l'Allemagne.

Les manifestations du 70e anniversaire du Débarquement commencent ce mardi avec une première veillée au Mémorial de Caen. Il y en aura dix au total et elles auront pour thème cette année : la réconciliation franco-allemande .

Seize ans l'année du Débarquement

Comment, d'ennemis héréditaires, nos deux pays sont-ils devenus ce couple, moteur de l'Europe ? De grands témoins qui ont vécu cette période post-Seconde guerre mondiale viendront prendre la parole, et parmi eux, Anne-Marie Denizot. Cette Caennaise avait seize ans au moment de la Libération. Elle a fondé en 1959 l'ACCA, l'association caennaise pour la connaissance de l'Allemagne . Elle raconte : "Nous n’avions pas eu de jeunesse puisque nous avions passé notre jeunesse sous l’occupation. Et les Allemands c’était l’ennemi. Mais nous avions tout de même un idéal et  on doit savoir dépasser ses idées personnelles pour le bien des autres ." Voilà comment "nous avons pris conscience qu’il fallait peut-être essayer de faire un jumelage à petits pas ".

Elle est donc à l'origine du jumelage entre Caen et Würtzburg, et de cours d'allemand dans toute l'agglomération caennaise. Faire connaissance avec les ennemis d'hier n'était pas une mince affaire à la fin des années 50. "Nous avons découvert ces Allemands. Nous étions dans les familles. On mangeait autrement, on se couchait autrement. Et quand on entendait les Allemands parler fort, pour vous dire la vérité, ça résonnait dans notre cœur ."

"Il faut se dépasser"

Anne-Marie Denizot se souvient de la réaction de son père, qui avait fait la Première guerre mondiale. "Pour vous dire la vérité, j’osais à peine lui dire que je recevais des Allemands ici. Il l’a appris. Il m'a dit : 'Tu reçois des Allds chez toi ?' Je lui ai répondu, tu sais papa, il ne faut pas recommencer, pense aux jeunes. Et un beau jour, alors que j’avais des amis chez moi, il m’a dit : 'venez à la maison on boira une coupe de Champagne' ."

 

Anne-Marie Denizot a passé sa vie à réconcilier l'Allemagne et la France

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