International DOSSIER : Le référendum en Catalogne

VIDÉO - Le président de la Catalogne demande une médiation, Madrid la rejette

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon et France Bleu jeudi 5 octobre 2017 à 5:16 Mis à jour le jeudi 5 octobre 2017 à 7:04

Carles Puigdemont lors de son allocution télévisée, le 4 octobre 2017
Carles Puigdemont lors de son allocution télévisée, le 4 octobre 2017 - Generalitat de Catalunya

Dans une allocution télévisée, Carles Puigdemont a réaffirmé mercredi soir qu'il souhaitait "mettre en œuvre le résultat" du référendum sur l'indépendance, tout en appelant à la médiation. Proposition rejetée illico presto par Madrid.

Sans jamais prononcer le mot "indépendance" mercredi soir, Carles Puigdemont s'est dit déterminé à "appliquer les résultats" du référendum d'autodétermination de dimanche dernier.

Dans une allocution télévisée de sept minutes, le président de la Catalogne a répondu au roi d'Espagne, qui s'était exprimé la veille, et lui a reproché d'avoir "délibérément ignoré" des millions de Catalans indépendantistes. "Le roi adopte le discours et les politiques du gouvernement (de Mariano) Rajoy qui ont été catastrophiques pour la Catalogne et ignore délibérément des millions de Catalans qui ne pensent comme eux", a insisté Carles Puigdemont.

“Així no, Majestat” ("Pas comme ça, Majesté") - Carles Puigdemont s'adressant au Roi d'Espagne

S'adressant directement au monarque, il lui a lancé, en catalan : "Aixi, no !" ("Pas comme ça"). Puis il a affirmé que le souverain avait "déçu beaucoup de gens en Catalogne qui l'apprécient". Le Président de la Generalitat a déclaré que c'était aux citoyens que le roi "devait sa couronne" et que la Constitution lui attribuait "un rôle de modérateur qu'il n'avait en aucun cas tenu".

Médiation rejetée par Madrid

À propos de dialogue, Carles Puigdemont s'est dit ouvert à la mise en place d'une "médiation" avec les autorités de Madrid. Proposition rejetée quelques minutes après par le gouvernement espagnol.

"Si M. Puigdemont veut parler ou négocier, ou envoyer des médiateurs, il sait parfaitement ce qu'il doit faire auparavant : se remettre dans le chemin de la loi, qu'il n'aurait jamais dû quitter", indique le gouvernement de Madrid dans un communiqué.

Le gouvernement de Mariano Rajoy prévient Carles Puigdemont qu'il "n'acceptera aucun chantage. (...) Retirez la menace de la rupture", insiste le texte.