International DOSSIER : Le référendum en Catalogne

Référendum en Catalogne : le "oui" l'emporte à 90% selon les autorités catalanes

Par François David, France Bleu Pays Basque, France Bleu Roussillon, France Bleu Toulouse et France Bleu dimanche 1 octobre 2017 à 20:00 Mis à jour le lundi 2 octobre 2017 à 8:18

Les indépendantistes attendent les résultats, place de Catalogne à Barcelone
Les indépendantistes attendent les résultats, place de Catalogne à Barcelone © Radio France - Mathieu Ferri

Le "oui" à l'indépendance l'emporte à 90%, selon les résultats du référendum dévoilés par les autorités catalanes. Madrid ne reconnait pas le vote. Les indépendantistes demandent à l'Union européenne d'intervenir. Un appel à la grève générale est lancé pour mardi en Catalogne.

Sans surprise, le référendum sur l'indépendance de la Catalogne a tourné au plébiscite. Le gouvernement catalan affirme que le "oui" à l'indépendance l'emporte avec 90% des voix. Quelque 2,26 millions de bulletins ont été comptabilisés. Le "oui" recueille 2.020.144 voix, le "non" 176.566 voix.

La participation dépasse à peine des 42%. Mais selon le porte-parole du gouvernement, 400 bureaux de vote étaient inaccessibles, car placés sous scellés par les forces de l'ordre. Et 770 000 électeurs n'ont pas pu voter "du fait de la violence policière".

À l'annonce des résultats, des scènes de liesse ont été observées à travers toute la Catalogne.

" Nous avons gagné le droit d'avoir un État indépendant qui prenne la forme d'une République" a déclaré ce dimanche soir le président de la Catalogne Carles Puigdemont. Il appelle l'Union européenne à s'impliquer directement dans le conflit et à ne "plus regarder ailleurs".

"Dans les jours qui viennent, je transférerai les résultats au Parlement de Catalogne, comme le veut la loi sur référendum". Théoriquement, le Parlement catalan devrait se réunir d'ici 48 heures pour proclamer l'indépendance.

Appel à la grève générale

Une quarantaine d'organisations (syndicats et partis politiques) de Catalogne lancent un appel à la grève générale dans la région pour ce mardi 3 octobre, en réaction à l'intervention de l'État espagnol pour empêcher le référendum d'autodétermination interdit.

"Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum." (Mariano Rajoy)

A Madrid, le premier Ministre espagnol Mariano Rajoy campe sur ses positions : « Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum (...). L'état de droit s'est imposé en Catalogne en empêchant le référendum". Il a également remercié la police nationale, en estimant que son action avait été "équilibrée", malgré un nombre de blessés "regrettable".

Mariano Rajoy affirme que "la porte reste ouverte pour le dialogue".

Le dépouillement s'est déroulé dans une ambiance tendue. Les organisateurs ont appelé les habitants à se rassembler devant les bureaux de vote pour faire barrage en cas d'intervention policière. D'autres bureaux ont été carrément cadenassés pour empêcher toute intrusion.

Une journée de vote et de violences

Les incidents se sont multipliés toute la journée dans les bureaux de vote et aux alentours. Les forces de l'ordre ont tout fait pour empêcher la tenue du scrutin : urnes et matériel électoral saisis, portes de bureaux de vote défoncées, charges à coups de matraque et tirs de balles en caoutchouc. 844 personnes auraient été blessées lors d'affrontements avec la police.